Il y a peu de parlementaires à la Chambre des communes qui sont aussi bon pour expliquer l’inexplicable que le ministre John Baird.
Baird a été brillant en défense de Bruce Carson, 66 ans, l’ancien conseiller du Premier ministre Stephen Harper qui est sous enquête présentement par la GRC.
La GRC fouille les allégations dans les médias que Carson aurait fait du lobbying illégal auprès du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, et au bureau du ministre John Duncan, pour une société d’Ottawa spécialisée dans le traitement des eaux.
Carson, qui n’est pas enregistré comme lobbyiste, comme la loi l’exige, aurait tenté, au bénéfice de sa fiancée, Michele McPherson, une ancienne escorte de 22 ans, de vendre des systèmes de filtration d'eau à des réserves autochtones.
Le gouvernement Harper aurait payé la note.
Baird a expliqué à plusieurs reprises à ses confrères parlementaires qu’il n’y a pas eu de crime ou d’illégalité de la part de Carson parce que le gouvernement n’a pas acheté les systèmes de purification d’eau que Carson vendait, et qu’il n’y a pas eu d’échange d’argent.
C’est un peu comme si un voleur de banque ratait son coup et se sauve de la banque sans prendre d’argent.
Il peut toujours expliquer au juge plus tard qu’il n’a pas eu de crime parce que la caissière ne lui a pas donné d’argent, donc il n’y a pas eu de vol, et donc aucun crime n’a été commis.
Pour Baird, pas d’échange d’argent veut dire pas de crime. Donc Carson doit être blanc comme la première neige de l’hiver.
Le Premier ministre Harper et ses ministres ont applaudi fortement cette brillante logique.
La GRC fait toujours enquête.
