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Vanier planche sur le retard scolaire

Vanier planche sur le retard scolaire

Vanier planche sur le retard scolaire

Sylvain Sarrazin
Publié le 9 Juin 2007
Publié le 17 Février 2010
Sylvain Sarrazin

Une étude pour répondre au gouffre de l’incompréhension

Ce n’est peut-être pas une première mondiale, mais l’événement est rare et mérite d’être souligné. Le collège Vanier présente une recherche visant à comprendre les causes des retards scolaires de certains étudiants. L’étude, à travers la vision de 48 jeunes sélectionnés, est une sorte de tribune permettant aux «oubliés» de notre système éducatif de s’exprimer.

Sujets :
Centre d’aide à l’apprentissage au collège Vanier , Ministère de l’Éducation

«C’était mieux avant, diront certains, mais oui, le cégep a changé afin de s’adapter à l’évolution du profil des étudiants», déclare Doug Miller, responsable du Centre d’aide à l’apprentissage au collège Vanier. Cette étude, intitulée Des vies complexes: la culture éducationnelle des élèves sous-performants, a été réalisée par Doug Miller en collaboration avec deux de ses collègues, Guy Quinn, professeur d’éducation physique, et Jock Mackay, professeur de sociologie.

Changer, pour un cégep, implique de comprendre que la majorité des étudiants viennent désormais de diverses communautés culturelles. Ils n’ont peut-être pas les mêmes facilités que ceux établis ici depuis plus d’une génération. «Malheureusement, les élèves n’arrivent pas chez nous en faisant table rase», confie Jock Mackay, pour qui les problèmes des étudiants en difficulté sont souvent hérités de l’école secondaire. «Sans mettre le blâme sur les professeurs du secondaire qui font un excellent travail, il faudrait revoir nos priorités et orienter davantage les élèves vers des filières techniques», ajoute-t-il.

Étudier ou travailler?

L’étude soulève une autre cause des faibles résultats de certains élèves: 70% des étudiants travaillent. Ils prennent donc quatre ou cinq cours par session, au lieu des sept nécessaires pour rester à temps plein. Ainsi, un diplôme qui devrait se faire en deux ans se fait en trois ans ou plus. «Le ministère devrait donc revoir ses façons de faire et prendre désormais en compte ces réalités, puisqu’un retard d’un an engendre des coûts sociaux non négligeables», affirme M. Miller.

Est-ce que les cégeps sont sous-financés? Est-ce que, comme société, il faudrait éliminer tous les frais existants afin de favoriser la réussite scolaire? «Non», répond sèchement une étudiante rencontrée devant le collège Vanier. «Oui, des gens travaillent pour aider leurs parents, mais la majorité le font pour se payer une autonomie. Que le gouvernement paye ou pas, ça ne changerait rien. Moi, en tout cas, je travaillerais pareil.»

Loi 101 pointée du doigt.

Dans l’étude, certains élèves de ce cégep anglophone pointent la Loi 101 comme la source de leurs difficultés. Mais, selon les auteurs, la Loi 101 n’est pas un problème en soi. Ils affirment qu'apprendre une autre langue est une richesse, qui fait que notre ville est quasiment unique dans le monde. «Cependant, tous n’ont pas les aptitudes pour apprendre rapidement le français. Des élèves peuvent accumuler des retards qui les démotiveront une fois arrivés au cégep», déclare Guy Quinn.

«Le ministère de l’Éducation n’est pas responsable de la Loi 101. Elle est un choix de société afin de protéger la langue française, la base de l’identité québécoise», réagit pour sa part le conseiller de la communication avec les médias du ministère de l’Éducation, François Lefebvre.

Pour certains étudiants, la Loi 101 n’est pas un problème. «Cette étude est faite sur quelques personnes. Est-ce que c’est représentatif? Je pense que chaque élève a ses problèmes qui font qu’il ne réussit pas. On ne peut pas faire une étude globale, car c’est du cas par cas, personne par personne et famille par famille», confie la jeune femme de 18 ans rencontrée aux abords du cégep.

L’étude n’apporte donc pas de solutions immédiates, mais soulève certaines causes d’un problème dont il faut parler. Bref, parlez-en en bien, parlez-en en mal, l’important, c’est qu’on en parle.

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