Le macramé réhabilité

Pierre
Pierre Wilson
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Je vous avais promis le mois dernier que je tenterais de réhabiliter le macramé, et vous vous êtes peut-être demandé pourquoi? Simplement parce que je n’aime pas les généralisations qui vous font croire que, sous prétexte que le hibou aux yeux orange fait par ma tante Louise* dans les années 1970 avec de la corde de jute aujourd’hui plein de poussière n’est pas de votre goût (pourtant, il était apprécié en son temps), tout ce qui fut, est et sera produit avec cette technique n’est pas bon.

Le macramé, souvent tourné en dérision, est un art dont l'origine n'a rien de ringard.

Selon l’expression consacrée, on jette là le bébé avec l’eau du bain. Un peu comme si on rejetait tous les pantalons sous prétexte qu’aujourd’hui, on trouve ringard le pantalon éléphant que l’on portait avec fierté dans les années 1960 (attendez encore quelques années et il reviendra peut-être à la mode).

Mais qu’est-ce que le macramé et surtout quel art se cache derrière?

Eh bien, derrière cette technique qui permet de fabriquer des tissus et des objets utiles et décoratifs, il y a rien de moins que la science des nœuds. Et les nœuds sont, on pourrait dire, vieux comme le monde, particulièrement le monde des marins et des tisserands.

Imaginez un instant leur importance dans la marche d’un bateau à voile. Imaginez aussi le monde du textile, de la vannerie, du tressage, de la broderie, etc. C’est tout simplement géant.

En voulez vous plus? Le mot macramé serait dérivé du mot arabe/andalous «migramah», qui désignait dès le 13e siècle la broderie et certains produits des tisserands arabes.

Il n’y a donc rien de risible et de ringard dans tout cela… Bon, peut-être un peu le hibou de ma tante Louise, je le concède, mais lui aussi pourrait revenir à la mode.

Cela me fait aussi penser à tous ces artisans qui ne veulent plus que leur travail soit associé à l’artisanat. Comme si, à leurs yeux, de si noble origine qu’il soit, l’artisanat était le frère galeux des métiers d’art…

* Nom et lien de parenté fictifs. Je tiens à ce qu’aucune de mes tantes ne prenne ombrage, ni d’ailleurs aucun hibou.

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