Identité et appartenance: le temps des Fêtes nationales

Pierre
Pierre Wilson
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«De toutes les appartenances que nous nous reconnaissons, [la langue] est presque toujours l’une des plus déterminantes.»*

St-Jean-Baptiste, Montréal, 1867, une gracieuseté du Musée McCord (www.musee-mccord.qc.ca/fr/collection/artefacts/I-27996.1)

On vient juste de fêter la Saint-Jean-Baptiste, fête des Canadiens-Français. Ah non? Vous me dites que c’est devenu la Fête Nationale de tous les Québécois!

Moi, la question que je me pose depuis un certain temps c’est: qu’est devenue l’appellation identitaire des Canadiens-Français? D’où le crash course que voici.

À l’époque de la Nouvelle-France, ceux qu’on appelle Canadiens sont les descendants nés au pays des premiers colons français. Puis, au changement de couronne de 1760 arrivent les Britanniques. Avec les générations, ils deviennent eux aussi des Canadiens… en fait, des Canadians. Pour se différencier, on ajoute à Canadien «-Français». Jusque là, vous me suivez?

C’est en 1834, justement un 24 juin, que l’on fonde à Montréal la Société Saint-Jean-Baptiste et que l’on fête pour la première fois les C-F. Au début du 20e siècle, ayant essaimé sur tout le continent, les C-F arrivent par milliers à Montréal pour fêter et regarder la parade où, dans un dernier char allégorique, un petit gars frisé qui tient dans ses bras un agneau représente le saint baptiste et le peuple c-f en entier.

Puis, en 1977, dans la foulée de l’aspiration nationale et de la volonté séparatiste – le PQ est au pouvoir – on change le but même de la fête en Fête Nationale du Québec. Les C-F du Québec deviennent des Québécois, puis, dans la logique inclusive tout à leur honneur, tous les habitants du Québec deviennent eux aussi des Québécois. Et l’appellation C-F est devenue en quelque sorte taboue, en tout cas au Québec. Bon, le Québec Nation ne s’est toujours pas concrétisé, mais le changement de sens de la fête lui, est devenu permanent.

Ah! Et puis maintenant, c’est au tour de la fête du Canada. Saviez-vous que notre hymne national, le Ô Canada, faisait référence à… OK! Ça sera peut-être le sujet d’une autre chronique, où je pourrai aussi vous parler du castor et de la feuille d’érable.

Passez donc tous un très bon été et, s’il vous plait, soyez prudents sur les routes.

 

* Amin Maalouf, «Les identités meurtrières», Éditions Grasset & Fasquelle, 1998, p. 152.

Organisations: Société Saint-Jean-Baptiste, Ô Canada

Lieux géographiques: Ah, Fête Nationale du Québec, Saint-Jean-Baptiste Montréal Canada

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