L'éloge de la critique

Pierre
Pierre Wilson
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À cause de notre haine «nationale» de la chicane, nous avons toujours eu peur de la critique. Et pourtant!

Parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi!

Cette peur nous vient peut-être du fait que le mot lui-même à deux utilisations: critique en tant qu'adjectif est un terme fort, agressif, dangereux même, et une situation ou un état critique n'a rien de positif et fait peur.

Mais le sens du mot dont je veux parler ici est dérivé du grec kritikē (κριτική) «(l'art de) discerner», de juger de la valeur d'une personne, d'une œuvre, d'un texte. Et plus, la personne qui juge est experte dans l'art qu'elle critique, plus elle sera écoutée et plus son influence sera grande.

Si le travail du critique est d'émettre son appréciation sur le travail de quelqu'un et sur sa production, son effet est double. D'un côté, le jugement s'adresse au consommateur et peut servir de guide vers tel artiste, tel mets ou tel film. De l'autre, il donne au créateur de l'objet critiqué un feedback professionnel et éclairé sur sa démarche, sa technique, sa pratique.

Négative: l'auteur peut prendre position contre elle en reformulant sa démarche pour mieux l'expliquer - et cela l'aide à se positionner sur des bases discursives réfléchies - ou, s'il la trouve méritée, il change et évolue. Positive: elle renforce sa confiance et ajoute à son bagage de références.

La critique est, même sous tous ses aspects détestables, un apport positif parce qu'elle nous force à nous dépasser et qu'elle nous fait progresser sur un même chemin, ou l'abandonner s'il ne nous convient pas.

En plus, la visibilité, bonne ou mauvaise, sert la notoriété. Camilien Houde, un ancien maire de Montréal, disait souvent aux journalistes: «Parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi.»

Malheureusement, les critiques sont rares et ceux qui devraient l'être (critiques) ne font souvent que relayer les communiqués promotionnels, ce qui, au-delà de l'effet publicitaire, ne fait rien avancer, ni la culture de l'auditoire, ni la pratique des créateurs.

Lieux géographiques: Montréal

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