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Un professeur sans surprise

Véronique Leduc
Publié le Décembre 15 2006
Publié le Février 23 2010
Véronique Leduc

Commentaire

Sujets :
Parti libéral du Canada , Université de Montréal , Radio-Canada , Saint-Laurent—Cartierville

Stéphane Dion nous a tous surpris en se faisant élire chef du Parti libéral du Canada. Pourtant, il n’est pas un habitué de l’effet de surprise. Même à l’université où je l’ai côtoyé il y a un peu plus de dix ans, je cherchais à lire entre les lignes, tellement tout était toujours clairement véhiculé.

Eh oui! j’ai eu le député de Saint-Laurent—Cartierville et nouveau chef du Parti libéral, Stéphane Dion, comme professeur à l’Université de Montréal. En 1995, j’étais alors étudiante en science politique. M. Dion enseignait l’administration publique.

J’ai le souvenir d’un enseignant très structuré où la prise de notes était facile. À titre de journaliste, je pourrai faire le même constat en assistant à une de ses conférences de presse. À l’école, tous ses cours étaient divisés par chapitres et sous-chapitres, avec introduction et conclusion! Rien ne nous surprenait. Même les travaux étaient purement concrets. Il faut dire que l’administration publique est un sujet très terre à terre. On apprenait à comprendre le fonctionnement d’une administration publique en décrivant, par exemple, un ministère dans le cadre d’un travail.

Déjà à l’époque, Stéphane Dion était reconnu comme un fédéraliste inconditionnel et parfois, des journalistes de Radio-Canada venaient réaliser des entrevues afin qu’il commente la question fédéraliste. Pour l’occasion, notre professeur nous invitait à demeurer en classe... et la classe se vidait. Très peu acceptait l’invitation et la plupart étaient en désaccord avec ses idées politiques. Surtout à la veille du référendum de 1995!

Stéphane Dion était aussi déjà reconnu pour être rigoureux et méticuleux. Une camarade de classe m’a rappelé qu’il était le seul professeur que l’on remarquait à la bibliothèque. Les autres aussi devaient la fréquenter, mais on ne les croisait jamais. Dans les rangées de livres, on aurait dit qu’il faisait tout pour ne pas qu’on le remarque. Il n’avait vraiment pas la personnalité de quelqu’un qui, un jour, allait faire de la politique. Tout sauf flamboyant et extraverti. À l’époque, il arborait déjà son célèbre sac à dos. Si on avait eu à faire des paris sur lequel de nos professeurs ferait un jour de la politique, jamais je n’aurais parié sur Stéphane Dion.

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