Pour le Bloc québécois, la prochaine campagne électorale sera décisive pour son avenir comme parti politique. L’heure est grave. La formation de Gilles Duceppe pourrait perdre une douzaine de sièges, au profit des Conservateurs. Ou encore, en gagner une bonne poignée.
C’est la première fois depuis le temps de Brian Mulroney que le Bloc se retrouve, en région, devant un adversaire fédéraliste si redoutable.
Les Conservateurs de Stephen Harper et sa grosse machine électorale, bien rodée, bien huilée est prête à partir comme un rouleau compresseur.
Sauf pour de rares exceptions, la bataille électorale cette fois sera à Québec et dans les régions, et non pas à Montréal.
La stratégie pour la survivance du Bloc est bien simple -- mettre l’indépendance en veilleuse, et se faire passer pour le parti des forces progressives au Québec, tout en faisant ressortir la vraie nature de Stephen Harper et la peur de ce qu’il ferait avec la majorité qu’il veut à tout prix.
Les Bloquistes ont eu toute une surprise en voyant les résultats du dernier sondage CROP, surtout les résultats dans la région de l’indicatif 450 autour de Montréal, qu’ils estimaient acquise.
En 2006, les Bleus ont détruit le château-fort du Bloc à Québec et ils comptent bien conserver leurs gains.
Mais les Bloquistes ne semblent pas craindre la menace conservatrice. Le chef, Gilles Duceppe crie depuis des mois qu’il veut des élections. Il en aura. Ils sont gonflés ‘à bloc’ et espèrent reprendre Limoilou de Sylvie Boucher, Charlesbourg de Daniel Petit, et, possiblement Louis-Hébert de Luc Harvey. Mais ils avouent que la pente ne sera pas douce à remonter.
Le Bloc est aussi confiant de reprendre Portneuf, perdu en 2006 à l’indépendant André Arthur, vedette de radio et chauffeur d’autobus, et bientôt vedette à la télévision. Les Bloquistes sont convaincus de pouvoir reprendre le comté ou leur candidat a fini deuxième avec 38 % du vote.
Le député bloquiste Robert Bouchard aura la vie dure avec les Conservateurs dans Chicoutimi-LeFjord. La dernière fois, le Libéral André Harvey était fort, ce qui a permis à Bouchard de passer entre des adversaires.
Les Bloquistes comptent sur la loyauté de la Gaspésie bien que les Conservateurs jurent de faire une percée dans ce coin du Québec.
Ce qui n’empêchent pas la formation de Stephen Harper de se frotter les mains en pensant à ses probables victoires. À Trois-Rivières ils présentent Claude Durand, présidente de la Chambre de commerce et protégée de l’ancien député P.-H. Vincent. Ils souhaitent ravir ce siège à Paul Brunelle du Bloc.
Les Conservateurs sont aussi convaincus qu’ils peuvent prendre Rimouski de Louise Thibault, anciennement du Bloc, en espérant que les difficultés avec Mme Thibault seront du passé.
Les Conservateurs croient que s’il y a une vague conservatrice, les circonscriptions de Drummond et de St-Hyacinthe passeraient de leur bord.
Il y a quelques mois, Arthabaska-Richmond était presque acquis aux Conservateurs. Mais dernièrement, c’est moins sur, surtout depuis que le député adéquiste d’Arthabaska, Jean-François Roux, a annoncé qu’il appuierait le Bloquiste André Bellavance.
Dans Gatineau, qui ne se considère pas comme faisant partie des régions, mais qui est plutôt une partie de l’autre Capitale nationale, le Bloquiste Richard Nadeau aura une lutte intéressante contre l’ancienne Libérale Françoise Boivin, devenue néo-démocrate. À prévoir, une chaude lutte à trois, les Libéraux étant naturellement favorisés dans ce coin.
Enfin, dans le petit comté de Brome-Missisquoi c’est une belle lutte qui s’annonce. Si l’ancien député Libéral Denis Paradis est fort, il peut le remporter sur le député Bloquiste Christian Ouellet. Mais si le Conservateur Mark Quinlan est fort, il volera des votes au Libéral Paradis, et Ouellet sera ré-élu.
Un petit manège qui pourrait se répéter dans des dizaines de circonscriptions au Québec. Un parti ou l’autre – Bleu ou Bloc – pourrait rapporter le gros prix cette année. Un ‘crap shoot’ (coup de dés) comme dirait les cowboys.
Vous pouvez rejoindre Richard Cléroux à richardcleroux@rogers.com
Le Bloc a la tête sous la guillotine
Le bourreau est sur l’échafaud, sourire narquois aux lèvres, vêtu de son plus beau chapeau de cowboy et d’une veste de cuir qui ne cache pas tout à fait son ventre généreux. Il est prêt. Il attend ce jour depuis deux ans. Il a tout prévu.
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