La population à Saint-Laurent a considérablement augmenté au cours des dernières années.(Photo: Martin Alarie)
7500 Laurentiens de plus en cinq ans
Meilleure croissance démographique de l’île de Montréal
Les gens choisissent Saint-Laurent. C’est ce que déduit Alan DeSousa, maire de l’arrondissement, pour expliquer la croissance de 9,6% de la population laurentienne entre 2001 et 2006, selon les données des deux derniers recensements.
Durant cette période, le nombre de personnes habitant Saint-Laurent a grimpé de 7442 âmes, passant de 77 391 à 84 833 résidants. Il s’agit de l’augmentation la plus importante affichée sur l’île de Montréal, dont la moyenne se situe à seulement 2,3%. Le résultat laurentien est même deux fois plus élevé que la moyenne enregistrée dans la province, soit de 4,3%.
Avec ces chiffres à l’appui, M. DeSousa considère que Saint-Laurent offre un cadre de vie exceptionnel à la population. «Les gens apprécient la qualité de vie ici, ainsi que la proximité de leur travail ou du centre-ville de Montréal. Au lieu d’être pris dans la circulation, ils passent plus de temps avec leur famille», soutient-il.
Le maire estime aussi que les politiques familiales et interculturelles à Saint-Laurent permettent, entre autres, de garder les jeunes familles sur l’île de Montréal et ainsi limiter l’étalement urbain. Selon lui, la qualité des services entre également en ligne de compte. «Par exemple, notre vaste programmation culturelle, sportive et artistique contribue assurément à satisfaire notre population.»
Dotation accrue?
Qui plus est, l’arrondissement possède maintenant des arguments de poids –démographique et géographique – pour recevoir une dotation majorée de la Ville de Montréal. En effet, une dizaine de kilomètres de rue, particulièrement dans les secteurs Nouveau-Saint-Laurent et Bois-Franc, s’ajoute aux infrastructures laurentiennes à entretenir.
L'importante croissance démographique confirmée à Saint-Laurent ne se reflète pourtant pas dans les sommes reçues de la Ville de Montréal. À preuve, l'arrondissement a obtenu 64 357 700$ en 2006 comme dotation, soit un montant similaire à celui de 2005, en raison d'un gel budgétaire à la ville-centre. Avec une population à la hausse, la dotation ne devrait-elle pas suivre en conséquence?
«Si nous souhaitons offrir une aussi bonne qualité de services aux nouveaux Laurentiens, il serait tout simplement logique que ces communautés en effervescence aient accès aux ressources nécessaires à leur développement», affirme M. DeSousa.
Cette croissance met une pression supplémentaire sur les budgets de l’arrondissement. Le maire estime que des institutions laurentiennes seront bientôt confrontées à de grands enjeux.
«Si l’arrondissement de Saint-Laurent doit répondre à l’augmentation de la demande sur ses services publics en raison de l’accroissement de sa population, il en va de même pour toutes les autres institutions laurentiennes, dont la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. Celle-ci doit déjà faire face à de nombreux défis pour réussir à accueillir tous les enfants d’âge scolaire sur son territoire et l’on prévoit qu’il y aura d’ici cinq ans près de 650 enfants de plus dans les institutions scolaires de Saint-Laurent, ce qui est contraire à la tendance observée presque partout ailleurs au Québec.»
Saint-Laurent fait donc figure d’exception à Montréal, puisqu’au lieu d’assister à la fermeture d’écoles en raison de l’étalement urbain, l’arrondissement se prépare plutôt à en accueillir de nouvelles dans les prochaines années. Mais qui paiera la note, les Laurentiens encore une fois, ou bien Montréal qui viendra aider l’ancienne ville?