Les goélands sont devenus une nuisance et guettent nos déchets. Comme celui-ci, lorgnant une poubelle du parc Beaudet. (Photo: Sylvain Sarrazin)
Les goélands à l’assaut
«Des goélands à bec cerclé ont édifié des nids sur des toits d’industries aux abords des résidences et je ne tolère plus leur présence qui cause du bruit et diminue ma qualité de vie», s’exclamait la Laurentienne Nicole Turcotte lors de l’assemblée publique du conseil laurentien le mois dernier.
Ils piaillent, laissent des fientes sur les vitres et se régalent de nos restants. Souvent confondus avec des mouettes, les goélands à bec cerclé sont une espèce protégée par la loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs, ce qui complique leur capture, au grand dam des résidants qui partagent leur quotidien.
Afin de remédier à la situation, l’arrondissement est pour l’instant à la recherche de solutions. «Les goélands en ville demeurent un problème difficile à régler parce que les techniques d’effarouchement ne fonctionnent pas aussi bien qu’en campagne. Même si on arrive à faire peur aux goélands, ils iront fort probablement s’installer ailleurs», explique Paul Lanctôt, directeur des Affaires publiques et du Greffe à l'arrondissement de Saint-Laurent.
Mme Turcotte a d’ailleurs déjà fait appel au département environnemental de l’arrondissement, mais rien n’a encore pu être réglé. «Il y a une machine qui est déjà utilisé dans d’autres villes au Québec et qui est très efficace. Mais elle coûte 5000$ et je n’ai pas les moyens de me la payer…C’est pour ça que j’ai besoin de l’aide de l’arrondissement», soutient la Laurentienne.
Selon Pierre Brousseau, biologiste pour Environnement Canada, les goélands sont malheureusement devenus une nuisance pour les humains, responsables de leur multiplication. «Lorsque des goélands deviennent vraiment désagréables pour l’homme, il est possible de demander un permis au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, pour s’en débarrasser. Mais il ne faut jamais oublier que nous contribuons tous à leur prolifération en les nourrissant de nos déchets», clame-t-il. Les résidants ne sont donc pas totalement sans ressource pour chasser ces intrus.
Obtenir le permis est une chose, mais chasser ces oiseaux gourmands en est une autre. «En ville, il n’y a pas de solution miracle. On peut simplement tenter de jeter les œufs et le nid, et souhaiter désespérer les goélands. On peut aussi tenter de leur faire peur avec un chien ou différents types de sirènes», maintient M. Brousseau. Mais peu importe le moyen utilisé, le biologiste explique que ces migrateurs qui se multiplient facilement resteront tant que les humains continueront de les nourrir.