Les élèves de l’école Katimavik ont expliqué à leurs amis les apprentissages acquis sur le recyclage grâce à l’organisme Iciéla. (Photo: Martin Alarie)
Échange culturel de part et d’autre de l’océan
Le sourire aux lèvres et les yeux remplis d’excitation, les élèves de la classe de Michel de l’école primaire Katimavik impressionnent par leurs connaissances, et leur ouverture d’esprit. Grâce aux ateliers donnés par l’organisme Iciéla, les écoliers de sixième année correspondent avec de jeunes Maliens, ce qui leur permet d’en apprendre davantage sur les réalités des Africains, tout en les conscientisant sur leur propre mode de vie au Québec.
«Quand les enfants maliens reviennent de l’école, ils doivent aller travailler dans les champs pour pouvoir manger alors que nous, on est chanceux, il y a des vaches qui travaillent pour nous», s’exclame Antoine, élève de Katimavik. Il a créé, avec trois de ses camarades, un dépliant visant à sensibiliser les gens sur le marché équitable, le recyclage et les difficultés vécues par les Maliens.
Bien ancré dans l’optique de la réforme scolaire, le programme de rapprochement interculturel est proposé pour la première fois à l’école Katimavik de Saint-Laurent. Il est également intégré au cheminement scolaire de quelques élèves de l’école Père-Vimont à Laval et de l’école Jacques-Rousseau à Longueuil.
Outre des ateliers visant à sensibiliser les jeunes aux réalités vécues sur le continent africain, le projet d’Iciéla permet aux participants de correspondre avec un élève du Mali. Créé en partenariat avec la petite communauté de Ouélessébougou, chaque élève envoie des lettres et échange différentes informations culturelles avec un ami de ce pays. De l’autre côté de l’Atlantique, l’association Je ka baara fait de même avec ses écoliers africains. «Les jeunes sont, grâce à l’échange d’informations qui est fait avec leur correspondant, beaucoup plus éveillés face aux enjeux internationaux. Ils réalisent que certains problèmes comme par exemple la déforestation ou le gaspillage sont également présents dans d’autres pays», explique le fondateur d’Iciéla Jean-Sébastien Dufresne.
«Nous avons découvert que c’était possible de vivre sans la technologie, explique Tarik, un élève de la classe de Michel. Nous sommes vraiment gâtés ici comparativement aux Africains et nous sommes même souvent égoïstes d’en vouloir toujours plus.»
Des bénévoles dévoués
Âgée de seulement 18 ans, Ariane Duplessis est l’initiatrice du projet à l’école Katimavik. Bénévole, elle donne de son temps afin de préparer les ateliers pour informer et surtout pour conscientiser les jeunes sur les réalités d’ici et d’ailleurs. «Avant, on ne s’inquiétait pas de ce qui se passait dans d’autres pays. Mais grâce à Ariane, on comprend ce qui se passe et on veut faire quelque chose pour aider», souligne Catherine, vêtue d’un costume malien pour l’occasion.
Les jeunes de sixième année ont réalisé deux blogues expliquant leur expérience, ont préparé des pièces de théâtre pour conscientiser les autres élèves sur l’importance du recyclage et ont créé des dépliants sur la déforestation et le commerce équitable, qui seront distribués à l’école. «Si vous prenez un dépliant, n’oubliez surtout pas de le recycler», a tenu à rajouter Fabrice, fier des apprentissages acquis grâce à Iciéla.
À partir de l’année prochaine, les organisateurs du programme souhaitent élargir le projet à la grandeur de Montréal et créer des partenariats avec d’autres pays d’Afrique. «D’après les commentaires donnés par les jeunes aujourd’hui et en regardant leur évolution, je constate que le projet est une belle réussite et qu’il faut que ça continue», a conclu Jean-Sébastien Dufresne.