Le débat sur l'ouverture du boulevard cavendish bat son plein. (Photo: Archives)
Un processus de réflexion pour Cavendish
Certains n’ont rien compris aux enjeux fondamentaux de l’époque que nous vivons. Le nez collé sur la vitre de la chronique montréalaise, ils n’ont vu dans le mouvement d’opposition au raccordement de Cavendish à Toupin que la frilosité des résidants du secteur concerné à l’urbanisation croissante de la ville.
De fait, chaque fois qu’on soumet à M. DeSousa, maire de l’arrondissement de Saint-Laurent, l’éventualité de l’augmentation de la circulation sur la rue Toupin dans le cas de la réalisation de ce raccordement, sa parade consiste à dire que ce projet était déjà prévu dans les années 80 dans le plan d’aménagement de la C.U.M. Comme si c’était un argument massue propre à emporter la conviction! Il ne comprend pas que depuis cette époque, à la lumière de la crise de l’environnement, un saut qualitatif a été fait dans la conceptualisation des schémas d’aménagement urbain et que devant les nouvelles données de la réalité, c’est une faillite de la raison que de maintenir contre vents et marées l’intégralité du projet.
Pour que la ville demeure un milieu de vie et ne soit pas l’enfer de pollution de certaines grandes villes du monde comme Pékin ou même Mexico, des efforts doivent tendre à réduire la circulation automobile. À cet égard, on aurait à gagner à aller voir ce qui se fait ailleurs. Déjà, près de chez nous, à Portland, des leçons utiles peuvent être tirées sur la manière de juguler la circulation à des secteurs névralgiques de la ville. Si dans cette région du berceau de la voiture, des automobilistes acceptent d’être tenus en laisse ou même de trouver des alternatives au véhicule individuel quand il y va de leur qualité de vie, pourquoi cela ne serait-il pas davantage possible à Montréal?
Pour les tenants d’une ouverture de la rue Toupin à une croissance de la circulation automobile dans le cadre du raccordement de Cavendish à cette rue, il convient d’entamer, sans tarder, un processus de réflexion. Ce qu’il leur importe de savoir à terme, c’est s’il est préférable d’assumer les différentes dimensions négatives de la dégradation de l’environnement plutôt qu’une restriction à la circulation automobile.
(Marc L. Laroche, rue Toupin, Saint-Laurent)