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Pas de secret pour les jardins

Les analyses à Saint-Laurent

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 27 août 2007 à 9:18
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Pas de secret pour les jardins
Le Super Jardin de Saint-Laurent peut être passé au râteau, après être passé au peigne fin des analystes. (Photo: Martin Alarie)
Pas de secret pour les jardins
Les analyses à Saint-Laurent
Les jardins communautaires, non contents d'être ratissés par leurs occupants, sont passés au peigne fin par la Direction de la santé publique. D'une façon générale, le fruit des analyses présente des indications favorables. Il y a cependant des exceptions, auquel cas des mesures de précaution sont appliquées. Trois jardins communautaires ont d'ores et déjà été considérés comme sains; les résultats sont encore attendus pour deux d'entre eux.
Cultiver son jardin, oui. Mais pas de secrets. Il y a quelques mois de cela, les plates-bandes connaissaient un sort un peu plat; à Montréal, un jardin communautaire sur dix mettait la clé sous le grillage pour cause de contamination, sur décision de la Direction de la santé publique de la Ville (DSP).

Saint-Laurent a réussi à passer entre les mailles du filet: aucun jardin n'a paru suffisamment contaminé pour procéder à une fermeture. Ce résultat est indiqué dans les trois rapports concernant respectivement les jardins Hartenstein, Noël-Nord et le Super Jardin, situé derrière le cégep de Saint-Laurent. Les études, dont les résultats ont été livrés au mois de mai, ont de quoi rassurer les citoyens jardiniers. La concentration de métaux, d'hydrocarbures pétroliers (HP) et d'hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les trois principaux éléments sous évaluation, est considérée comme insuffisante pour fermer ces trois jardins. «L'arrondissement a décidé de devancer ces tests. Peu de doutes subsistent à propos des jardins communautaires de Saint-Laurent, dans la mesure où la plupart des secteurs exploités aujourd'hui étaient des champs», selon Denis Roy, chef de section arénas et installations extérieures pour Saint-Laurent.

«La plupart des analyses sont effectuées à la surface, au niveau des boitiers cultivés. Dans les allées, on creuse également en profondeur, à dix pieds environ. On va ainsi chercher des échantillons à plusieurs niveaux», précise-t-il.
La culture du doute
Tous les jardins communautaires de l'arrondissement n'ont pas été entièrement passé au peigne fin. Les résultats des analyses des deux autres jardins, Alexis-Nihon et Saint-Laurent, sont attendus prochainement. Et, si les discours se veulent rassurants, essaimer la prudence reste de mise.
Car tout n'est pas complètement sain, comme l'atteste le jardin Cardinal, sixième surface inspectée. Lors de sa conception, les analyses ont révélé des secteurs «problématiques», selon le qualificatif employé par Denis Roy. La proximité d'une bouche d'aération du métro pouvait laisser supposer des complications. Fort heureusement, l'herbe a été coupée sous les pieds du problème. Des bacs surélevés ont été mis en place pour y cultiver ses plants, évitant ainsi de faire pousser les graines à même le sol. Les terres jugées à risque servent toutefois pour du gazon ou des fleurs.
Sains sillons
Le Super Jardin peut être pris en exemple. Aménagé vers 1995, il est situé entre le cégep de Saint-Laurent et le cimetière Sainte-Croix. Une carrière était présente au nord-ouest du site, remblayée en 1969. L'arrondissement se méfie également de la proximité de la voie ferrée, par laquelle matériaux et substances ont pu transiter ou être déposés.
Tout ceci n'inquiète guère Rosie, qui partage un espace dans le Super Jardin depuis quelques mois. Cette ancienne traductrice, après avoir cultivé six langues de toute la terre, s'adonne désormais à la culture des légumes et plantes en terre. «Je ne m'inquiète pas spécialement. Je ne vois rien de toxique aux alentours. Nous avons déjà mangé le fruit de nos récoltes, sans crainte», confie-t-elle.

Une attitude partagée par les 195 jardiniers laurentiens qui se répartissent dans les 6 jardins du territoire. Les listes d'attente s'allongent, et des initiatives originales prennent racine, comme à la place Benoît, où un regroupement de citoyens s'adonnent aux joies de la culture en bacs.

Il est donc temps de profiter du soleil estival pour ratisser des fruits et légumes qui contiennent plus de vitamines que de particules toxiques.
Les 6 jardins communautaires
- Hartenstein

- Noël-Nord

- Super Jardin

- Alexis-Nihon

- Saint-Laurent

- Cardinal
L'ABC des critères de sécurité
La Politique de protection des sols et de la réhabilitation des terrains contaminés date de 1999. Elle distingue trois paliers: les critères A, pour lesquels on retrouve les métaux et paramètres naturels des sols; les critères B, pour lesquels la construction résidentielle est autorisée; les critères C, qui représentent la concentration maximale permise pour les bâtiments industriels.

Pour un jardin cultivable, lorsque les critères B sont dépassés, la situation est évaluée individuellement.

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