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Mémoire fluctuante

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 31 août 2007 à 9:33
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Mémoire fluctuante
L’église de Saint-Laurent est l’un des témoignages architecturaux du passé de l’arrondissement. (Photos: Martin Alarie, Archives de la Ville de Saint-Laurent)
Mémoire fluctuante
L'évolution de Saint-Laurent est l'une des plus importantes de l'île. La croissance démographique, qui atteint les 9,6%, va de pair avec un essor immobilier sans précédent. Un dynamisme qui pourrait avoir son revers. Quelles sont les mesures en place pour conserver les traces du passé de l'arrondissement, qu'il s'agisse du bâti, des grands noms ou de ce qui reste de l'environnement naturel du secteur?
«Plusieurs gestes ont été posés par l'arrondissement», indique le maire Alan DeSousa. Ce dernier pioche dans la besace de sa mémoire pour fournir des exemples issus de divers thèmes. «Il faut commencer par l'intégration du logo de Saint-Laurent, indiquant une volonté de conservation d'une identité, bien que nous faisons partie de Montréal», dit-il. Autre élément de conservation culturelle: la célébration des fêtes de Saint-Laurent, le 10 août de chaque année, bien que l'esprit original des fêtes ait subi de profondes transformations, le défilé traditionnel ayant été relégué aux archives.

L'acte le plus remarquable engagé par les services municipaux a été la conciliation des techniques actuelles avec les éléments du passé. En effet, les archives concernant l'histoire locale institutionnelle ont été regroupées sous forme de CD-ROM, dont le contenu a été versé sur Internet.

«Nous nous efforçons de ne pas manquer l'occasion de perpétuer les grands noms, à travers le bâti. Il en va ainsi pour la salle Émile-Legault, par exemple», déclare le maire.
La culture n'est pas figée
«L'historique n'est pas en danger en tant que tel, juge Pierre Wilson, directeur-conservateur du Musée des Maîtres et Artisans du Québec. Il est certain, avec l'évolution du tissu urbain, que la culture des habitants de Saint-Laurent n'est plus la même; et c'est normal. La culture est quelque chose de vivant.»
La question du multiculturalisme peut déranger certains résidants, craignant un désintérêt pour les années passées. «Ça ne se juge pas en bien ou en mal, tempère M. Wilson. Nous recevons souvent les communautés qui viennent exposer, et ramassent du coup des morceaux de culture québécoise en consultant notre collection permanente.»

Malgré un contenu axé sur les objets de la vie quotidienne de la culture canadienne française, le musée n'est pas réticent à retranscrire une façon de vivre qu'ont connue les vieilles générations purement laurentiennes.
Mûrs pour sauver les murs?
Le développement urbain peut aussi faire ses victimes. Peu d'antiques bâtisses laurentiennes sont encore dressées. C'est le cas de la Maison Robert, qui fait exception (et contraste) parmi les constructions flambants neuves du Nouveau Saint-Laurent. Quant à savoir si les pelleteuses officieront sur ces murs, la réponse demeure incertaine. «Le dossier est à l'étude», rappelle M. DeSousa, qui donne une réponse identique depuis six mois. «Cette maison a été considérée dans le plan d'urbanisme, il s'agit maintenant de savoir si elle mérite d'être citée.»
Certaines voix, comme celle de M. Bélanger, dont la famille réside à Saint-Laurent depuis maintes générations, s'élèvent pour demander la création d'une maison du patrimoine. «Nous avons misé sur l'outil technologique», affirme le maire de l'arrondissement. En d'autres termes: pas de projet de conservation «physique» de la mémoire du passé.
Protection du boisé
Le patrimoine ne se limite pas seulement au bâti ni à l'historique, mais également à l'environnement naturel. Sur les champs, de nombreuses résidences et industries ont poussé. Restent les espaces naturels tel que le parc Marcel-Laurin, que l'on s'efforce de conserver.
En février, le comité écologique du Grand Montréal a obtenu un contrat de 25 000$ pour la protection, la conservation et de mise en valeur du boisé du parc Marcel-Laurin. En juin, la Direction des travaux publics était mandatée afin de présenter une demande de certificat d'autorisation au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs pour ce même projet.

La conservation du passé revêt ainsi d'innombrables facettes, protégées tant bien que mal face à une croissance exceptionnelle. Se souviendra-t-on des «dos blancs» dans plusieurs générations?

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