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Ils ploient face à l'emploi

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 18 septembre 2007 à 10:12
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Ils ploient face à l'emploi
Une récente étude de Statistique Canada démontre que le taux de chômage des immigrants atteint 18% à Montréal. Au CARI Saint-Laurent, on constate que beaucoup de nouveaux arrivants sont contraints d'occuper des emplois inadéquats par rapport à leurs qualifications. (Photo: Courtoisie)
Les immigrants et le travail
Ils ploient face à l'emploi
«Tout va bien, tout est stable» semblent dire les chiffres du chômage pour le Canada. Avant de s'emparer d'une loupe. Au Québec, un léger recul a été enregistré au mois d'août, et lorsque l'on se penche sur Saint-Laurent, la stabilité paraît établie. Mais les apparences sont parfois trompeuses, et les résultats d'une étude qui vient d'être publiée par Statistique Canada, portant sur l'intégration des immigrés dans le marché de l'emploi, peuvent facilement être transposés dans l'arrondissement.
Au niveau national, tout va bien. Au mois d'août, le taux de chômage est demeuré stable, à hauteur de 6%. Il s'agit du plus bas niveau depuis 33 ans.

Au niveau provincial, ce même indicateur atteignait 7% pour la même période, la création d'emploi étant soutenue par le marché de l'habitation.

Qu'en est-il à Saint-Laurent? Il n'est évident d'évaluer les mouvements imprévisibles et capricieux de cet imposant dinosaure qu'est le marché économique, mais certains signes peuvent toutefois être décelés. En cherchant du côté de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Saint-Laurent, on peut arriver à désépaissir le brouillard. «Les mouvements de création ou de réduction des emplois sont fréquents, analyse Robert Petit, directeur de la CCI. Difficile de dire si ça va bien ou si ça va mal à Saint-Laurent. Mais, vu que l'arrondissement abrite beaucoup de PME, cela assure une relative stabilité en termes d'emploi.»

La loi de l'économie s'applique aussi, parfois durement. «Cette relative stabilité ne met pas à l'abri d'un grand coup, comme par exemple la récente mésaventure de Provigo, tempère M. Petit. La demande influence beaucoup les entreprises importantes, qui peuvent passer de 800 à 110 employés, ou inversement, en fonction des commandes.»

«Le problème, c'est la relève, conclut-il. La Chambre de commerce tente de sensibiliser en vue de sa préparation et de la formation des employés.»

En interrogeant l'institution du Développement économique de Saint-Laurent, la situation est plutôt au beau fixe dans le secteur manufacturier, du tertiaire moteur et de la distribution. Le nombre d'emplois dans ces secteurs est passé de 87 000 en 2004 à 110 000 en 2006. Et l'ascendant semble se prolonger. «Environ 3000 emplois ont été créés l'an passé dans ces trois secteurs», avance Cécile St-Pierre, chargée des communications de l'organisme.
Se faire sa place
Si le temps semble clément sur la planète de l'emploi au Québec, et de manière générale à Saint-Laurent, tout le monde ne vit pas sous le même ciel. Certains connaissent même de désagréables passages nuageux. C'est malheureusement bien souvent le cas des immigrants.

Une étude, tout juste rendue publique par Statistique Canada, met en avant les difficultés rencontrées par ces derniers par rapport à la population native du pays. Le chômage des immigrants est ainsi particulièrement élevé à Montréal où il atteint les 18%, largement au-dessus de la moyenne nationale, qui s'élève à 11,5%.
L'arrondissement de Saint-Laurent est fatalement soumise à cette situation, en raison de la forte concentration d'immigrés y étant établis. Les difficultés sont grandes pour beaucoup d'entre eux, comme en témoigne Fadia Younan, coordonatrice du service emploi au centre d'accueil et de référence sociale (CARI) Saint-Laurent: «Souvent, la méconnaissance du marché de l'emploi québécois constitue un frein pour eux. Le bilinguisme est aussi un problème. Au moment de leur immigration, on leur indique qu'une seule langue suffit, alors que le français et l'anglais sont souvent requis par les employeurs.»

De nombreux immigrants sont ainsi contraints d'accepter des emplois qui n'ont aucun lien avec leurs compétences ou domaine de formation originels. «Ils sont contraints de travailler dans des centres d'appel, ou dans la vente générale», souligne Mme Younan.

«Pourtant, il y a une véritable volonté de travail!» fait remarquer robert Petit. «Ces gens sont compétents, et les entreprises gagneraient à les former sur le tas. Cependant, elles ont souvent des besoins très rapides, à combler dans l'immédiat.»

Une vision à plus long terme serait ainsi une bonne stratégie, aussi bien pour la réserve de compétence constituée par les nouveaux arrivants, que pour les entreprises en manque d'employés.

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