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Remue-ménage aux Résidences Tournesol

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Article mis en ligne le 4 octobre 2007 à 15:38
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Remue-ménage aux Résidences Tournesol
55 locataires des Résidences Tournesol ont été sommés de quitter leur logement. (Photo: Jacques Pharand)
Remue-ménage aux Résidences Tournesol
Le 1er octobre, on apprenait que 55 personnes âgées des Résidences Tournesol, un complexe d’hébergement situé sur la rue Bois-de-Boulogne, ont été sommées de quitter leur logement pour faire place à des ressources intermédiaires. Si le code du logement a été écorché au passage, il en va de même de la Journée internationale des aînés, tenue le même jour.
Une ressource intermédiaire (RI) est un logement destiné aux personnes âgées ne pouvant plus vivre seules, mais qui nécessitent moins de trois heures de soin par jour. Dans le cadre d’une entente de partenariat public-privé, Cogir, le gestionnaire des Résidences Tournesol, devait fournir 55 logements, alors que le CSSS de Bordeaux-Cartierville se chargerait des soins.

«Cogir n’a été respecté la loi. Il n’a pas donné le préavis de six mois qui s’impose lorsqu’il y a changement de vocation, et les locataires n’ont pas tous été informés qu’ils étaient en droit d’obtenir un dédommagement», affirme Dominique Perrault du Comité logement de Bordeaux-Cartierville.

Cogir se défend bien d’avoir lésé les droits des locataires. «On n’a pas envoyé d’avis d’éviction par écrit. On a plutôt opté pour des ententes individuelles, gré à gré avec les résidants, dans des délais négociés qui conviennent aux deux parties», affirme Gilles Corriveau, agent de communication de Cogir. Selon lui, les frais de déménagement de ceux qui décident de quitter l’immeuble sont défrayés par Cogir, dans des proportions différentes dépendamment de ce qui est négocié. Il ajoute que les résidants ne désirant pas partir sont libres de rester.

Alors Cogir assure que tout s’est fait avec l’aval du CSSS, on entend un tout autre son de cloche de ce côté. «On n’était pas au courant la manière dont se passait», affirme Daniel Corbeil, directeur général du CSSS de Bordeaux-Cartierville, qui décrit la situation comme inacceptable. Il reconnait toutefois la responsabilité du CSSS qui a choisi de louer chez Cogir. «Nous faisions pression pour que ça se fasse le plus vite possible, mais nous présumions que ça se ferait dans le respect», dit-il.

Selon, Denise Gagnon, agente de communication à la direction générale du CSSS les ententes négociées gré à gré posent problème lorsqu’on fait affaire avec des personnes âgées. «Ils ont négocié avec des personnes de 90 ans; qu’est-ce qui s’est passé d’après vous? Je n’ai pas besoin de faire un dessin. À 90 ans on ne connait pas toujours ses droits. Ils ont beau dire que les gens étaient d’accord pour partir, peut-être qu’ils n’avaient pas la moitié de l’information», évoque-t-elle.
Le milieu réagit
Le 2 octobre, les résidents affectés par le changement de vocation, leurs familles et des voisins étaient conviés à une rencontre avec des représentants du CSSS et du Comité logement. «On a écouté chaque personne. Certains ont déjà été relogés et sont satisfaits, d’autres le sont moins», a déclaré M. Corbeil.
Au cours de la semaine prochaine, chacune des 55 personnes concernées sera rencontrée par un intervenant du CSSS et un membre du Comité logement, afin de déterminer si leurs droits ont été lésés. Un comité des locataires des Résidences Tournesol sera formé, avec le soutien du CSSS, de manière à assurer dans l’avenir une vigilance constante. Enfin, une autre rencontre (sans Cogir) est prévue pour le 11 octobre.

Interpellés à ce sujet lors du conseil d’arrondissement du 1er octobre, les élus d’Ahuntsic-Cartierville ont qualifié de «malheureuse» la situation. «S’il y a des pressions à faire, on devra les faire», a déclaré le conseiller d’Ahuntsic, Pierre Lapointe. Au palier provincial, le premier ministre Jean Charest a dénoncé l’expulsion des personnes âgées, sans pour autant remettre en question les partenariats public-privé qui, selon le Comité logement, sont à l’origine de la situation actuelle.

Le CSSS non plus n’en est pas à récuser ce type d’entente, mais constate qu’il y a place à l’amélioration – d’autant plus que la situation aux Résidences Tournesol n’est pas le premier cas d’éviction douteuse pour faire place à des RI. «On réalise qu’il va falloir des critères plus sévères pour encadrer le privé quand il s’agit de déplacer des résidants», affirme M. Corbeil, qui précise que rien n’est encore signé avec Cogir. «Il y a toujours la possibilité de ne pas signer, mais on a bon espoir d’arriver à une entente.»

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