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La guerre des clans

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Article mis en ligne le 5 octobre 2007 à 15:57
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La guerre des clans
Le directeur performance, relations avec les citoyens, greffe et services administratifs, Serge Geoffrion, et le directeur des travaux publics, Réjean Durocher, étaient présents, exceptionnellement, pour aider les élus à répondre aux questions des citoyens. (Photo: Camille Champeval)
La guerre des clans
Si la saga du déménagement est en train de devenir une bataille de l’information, l’arme suprême est la présentation powerpoint. En effet, après la présentation de l’Association des citoyens d’Ahuntsic-Cartierville (ACAC) il y a deux semaines, l’administration Beaudoin a répondu à coups de projections lors du conseil d’arrondissement de lundi dernier. Alors que la mairesse souhaite voir les citoyens mieux informés, ceux-ci semblent de plus en plus divisés.
En guise d’entrée en matière à la rencontre où étaient présents environ 205 citoyens, la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Marie-Andrée Beaudoin, a donc réexpliqué les raisons et les détails du déménagement, chiffres, rapports et experts à l’appui. «Ce qu’on offre à la population, c’est une décision où il n’y a pas de surprise. On assure une stabilité des coûts pour les prochains 15 ans et on fait une économie de 1,7 million», a-t-elle déclaré avant d’enchaîner sur le fait que seul Chabanel offrait assez d’espace pour les besoins de l’arrondissement.

Le rapport concernant l’état du 12 137 Bois-de-Boulogne a été déposé au conseil, et les trois experts de la firme Séguin qui ont réalisé l’étude sont venus témoigner du mauvais état des fondations, de la non-conformité des portes de secours et de l’escalier et de la possible présence d’amiante au sous-sol.

La conseillère de Saint-Sulpice, Jocelyne Campbell, a aussi rapporté que des négociations étaient en cours avec la STM afin d’augmenter la fréquence de transports en commun dans le secteur Chabanel. Enfin, la mairesse a annoncé la mise sur pied d’une ligne d’information sur le déménagement, le 514-872-6922.

La chef de l’opposition, Noushig Eloyan, a pour sa part dénoncé les «fausses économies» engendrées par le déménagement. «Quand la mairesse dit qu’on va économiser 1,7 million, elle oublie de mentionner qu’elle a déjà investi 2,7 millions en aménagement, et les 2,4 millions à payer en pénalité pour casser le bail de l’immeuble Perrier», a-t-elle déclaré.
Les citoyens divisés
Une partie de la foule a réagi positivement à l’exercice de transparence des élus. Plusieurs citoyens se sont avancés pour remercier profusément la mairesse de ses explications, comme Jean-Raymond Momo qui a déclaré: «Je vous remercie de vos explications et j’espère que les gens partiront d’ici heureux et qu’ils partageront la bonne nouvelle.» D’autres citoyens, comme Marie-Claude Lachaise, sont intervenus pour déplorer «l’immobilité politique» créée par le débat. «Il y a d’autres sujets qui demanderaient de l’attention. Peut-on passer à autre chose?» a-t-elle.
Quelques personnes, dont Pierre Bastien de la Corporation économique de développement économique et communautaire Ahuntsic-Cartierville, et Yves Perrier, sont intervenues pour appuyer l’argument économique et stratégique soulevé par les élus. «On s’en fout si ça va coûter un million de plus ou de moins; l’important ce sont les apports économiques», a déclaré M. Perrier, qui croit fermement en «l’augmentation de la valeur marchande des immeubles et donc des revenus des taxes».

Mais tous n’étaient pas sensibles à ces arguments. En réponse à cette intervention, la citoyenne Valérie Brunelle a déclaré: «Les élus sont redevables aux électeurs, pas aux promoteurs immobiliers».

Christine Dolbec, membre de l’ACAC, a questionné la mairesse sur la présence d’une note dans le Répertoire des activités de l’arrondissement (paru au printemps) annonçant le déménagement au 555 Chabanel. «Si vous avez pris votre décision le 3 juillet, comment se fait-il que vous l’avez indiqué dans ce livret en mai», a-t-elle demandé.

D’autres commentaires sur la transparence de la décision ont ponctué la soirée. De nombreux citoyens ont à nouveau demandé des consultations publiques, pour se faire répondre par le conseiller de Sault-au-Récollet, Jean-François Saint-Onge, qu’aucune loi ne forçait l’arrondissement à tenir des consultations sur le déménagement.

Finalement, les coûts sont restés un élément important des discussions; ceux des immeubles laissés derrière, ceux des réparations qui auraient pu y être faites, ceux du pied carré sur Chabanel, et même ceux des gicleurs du nouvel immeuble, que, selon le citoyen Jean Girard, l’arrondissement ne devrait pas avoir à payer.

La réunion du conseil s’est terminée dans une tension palpable entre les «pro-déménagement» et les «anti», qui se sont affrontés non seulement à coups d’arguments mais en alternant applaudissements et huées. Il est à noter que l’on retrouvait des représentants de partis politiques municipaux et des regroupements de gens d’affaires du quartier parmi les deux camps.

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