Pendant plusieurs heures, la plume d'immigrants en dernière phase du programme de francisation ont produit des textes, au Centre des loisirs. Ils étaient épaulés par des écrivains et des poètes québécois, issus ou non de l'immigration.
(Photo: Martin Alarie)
Semaine des rencontres interculturelles
Les cultures sous toutes leurs coutures
La cinquième édition de la semaine des rencontres interculturelles au Québec vient de s'achever. Quel autre lieu aurait été mieux approprié que l'arrondissement Saint-Laurent pour mettre sur pied des activités liées à ce thème? Une foule d'initiatives ont souligné cette semaine, sous forme de conférences, d'échanges fructueux, de parutions, et autres. Le point culminant a été atteint avec un marathon d'écriture tenu au Centre des loisirs.
Chaque année, le défi du dialogue et du rapprochement est lancé à travers tout le Québec. Montréal, l'un des hauts lieux du multiculturalisme a mis en place de nombreux événements entre le 30 septembre et le 7 octobre, et l'arrondissement de Saint-Laurent ne pouvait pas rater le coche. Le centre d'accueil et de référence sociale (CARI), ainsi que de nombreux autres organismes se sont appliqués à lancer des initiatives dans une optique d'échanges et d'intégration.
Le premier événement à signaler à cette occasion fut le lancement d'un bottin de ressources et méthodologique à l'attention des nouveaux arrivants. Tout sous la main, titre du document de format poche, a pour vocation de fournir les renseignements essentiels à l'établissement, l'adaptation puis l'intégration des immigrantes. L'annonce de la publication s'est déroulée au CLSC Saint-Laurent, en présence du maire Alan DeSousa.
Paroles d'immigrante
L'un des temps forts de la semaine a pris la forme d'un déjeuner-rencontre au Centre des loisirs, promu par le Comité immigrant du COSSL. Mme Guadalupe Vento a animé une conférence centrée sur le thème «La rencontre de la différence culturelle: choc ou richesse?»
Avant de répondre aux questions du public, cette immigrante de longue date d'origine cubaine a mis l'accent sur l'importance de la compréhension de l'histoire du Québec pour mieux en saisir la mentalité. Mme Vento s'est basée sur son expérience, pour finalement aborder le problème de la généralisation dont peuvent souffrir les immigrants, tout en relativisant: les Québécois restent un peuple ouvert et curieux.
Un portrait complet de Guadalupe Vento, rédigé par une jeune immigrante, peut être consulté dans notre section Vie communautaire, ou en cliquant sur ce lien:
www.nouvellessaint-laurent.com
Le français pour s'ancrer
Le CARI a été l'initiateur d'un autre événement original, soit un marathon d'écriture réunissant des centaines d'immigrants en phase terminale de francisation à temps complet. Pendant neuf heures, ils se sont relayés pour travailler des textes en français, épaulés par une douzaine d'écrivains, poètes et artistes pour qui le français constitue une matière première.
Le projet, intitulé Ici, je m'ancre en français, a pour objectif de valoriser l'apprentissage de la langue officielle, outil indispensable à l'intégration. «La langue, c'est quelque chose qui appartient à la réalité immédiate des nouveaux arrivants. Cela a des incidences majeures dans un processus difficile», évoque Michèle Bousquet, une des organisatrices du projet, chargée la mise en relation avec les artistes.
Ces derniers ont par ailleurs répondu massivement à l'appel. «En tant qu'auteur, nous avons un rapport naïf à la langue. C'est quelque chose que l'on ne peut pas maîtriser, commente Marie-Hélène Montpetit, poète montréalaise participant à l'opération. Je suis intéressée de savoir quels sont leurs mots, comment ils les intègrent.»
«Nous avons la chance d'avoir une véritable armée de bénévoles pour soutenir les efforts, souvent immenses, fournis par ces immigrants pour s'exprimer en français. indique Marie-Joseph Pigeon, agente de développement du CARI Saint-Laurent. Éventuellement, un recueil de textes pourrait être publié suite à l'événement.»
Le cégép Saint-Laurent était également partie prenante de ce marathon littéraire particulier.
Informer pour former
Dernier volet de cette semaine de rencontre interculturelle très fournie, le deuxième volet du journal de quartier Le Chameranais est sorti des rotatives pour atterrir entre les mains des résidants du quartier Chameran, à forte densité immigrante. Cette parution vise à favoriser l'empowerment dans ce secteur. Lancé vendredi 5 octobre, le projet a reçu l’appui du Centraide du Grand Montréal et de Transcontinental.
L'interculturalité, plus que jamais d'actualité pour Saint-Laurent, a joui de nombreuses initiatives, avec un effet que l'on souhaite permanant.
(Photo: Martin Alarie)
(Photo: Martin Alarie)