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Des coups de main de partout au pays

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Article mis en ligne le 14 octobre 2007 à 3:21
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Des coups de main de partout au pays
Ty Tekle parlait peu le français en arrivant d’Edmonton, malgré les pressions de la partie francophone de sa famille. Avec l’aide de ses collègues de Katimavik et du Cartier Émilie, il s’améliore petit à petit. (Photo: Jacques Pharand)
Des coups de main de partout au pays
Katimavik est un mot inuktitut signifiant «lieu de rencontre». C’est exactement ce qu’est devenu le magasin d’entraide le Cartier Émilie, avec l’arrivée d’une adolescente d’Alma et d’un jeune homme d’Edmonton qui sont là pour travailler, découvrir Montréal et tisser des liens avec la communauté.
Le Cartier Émilie participe pour la deuxième année à Katimavik, un projet pancanadien permettant à des jeunes de 17 à 21 ans de découvrir le Canada à travers trois séjours de trois mois dont au moins un dans une province où on parle leur langue seconde. Les participants font du travail bénévole en milieu communautaire durant chacun de leurs séjours. Le Cartier Émilie bénéficie de leur présence, et de leur enthousiasme.

Laurie Plourde est originaire d’Alma, une petite ville du Saguenay-Lac-Saint-Jean où, dit-elle, tout le monde se connaît. En arrivant à Montréal, la jeune fille de 17 ans s’est d’abord sentie intimidée par la foule, très différente de ce à quoi elle est habituée. Mais elle s’accoutume, de la même façon qu’elle s’est adaptée à la vie de groupe. «C’est dur, au début, il faut changer toutes ses habitudes de vie: habiter avec dix personnes, se lever tôt, faire son pain, cuisiner pour tout le groupe, travailler 40 heures par semaine…»

Ces 40 heures, Laurie et son coéquipier Ty Tekle les passent à récolter les dons, à placer la marchandise dans le magasin, et à préparer une «salade de mode», un défilé mettant en valeur les trouvailles de la friperie. «Ils sont d’une grande aide, affirme Yolanda, qui travaille pour le Cartier Émilie. En septembre, les bénévoles retournent tous à l’école; c’est une chance qu’ils soient là parce qu’il y a beaucoup de travail!»

«J’ai toujours admiré le travail que fait Katimavik pour les communautés canadiennes», affirme Ty, qui a failli ne pas faire partie du séjour. Il était sur une liste d’attente, et, à la suite d’un désistement, il s’est joint au groupe, à sa grande joie. «J’adore Montréal, c’est superbe», déclare le jeune homme de 20 ans qui ne manque pas une occasion de sortir découvrir la ville. Ce qu’il préfère dans son travail, c’est les rencontres qu’il y fait. «Tout le monde est vraiment intéressant et sympathique», dit-il.

Les deux jeunes, dont les langues maternelles sont différentes, apprennent à communiquer ensemble. «J’ai voulu faire Katimavik parce que je voulais une première expérience de travail, mais aussi parce que je voulais découvrir le Canada et apprendre une langue seconde», affirme Laurie. Ty semble impressionné par les aptitudes qu’elle a déjà: «Je n’ai que des compliments à lui faire sur son anglais, déclare-t-il. Et elle m’a vraiment aidé avec mon français.»

Les participants ne sont pas les seuls à apprécier leur expérience. «Ils nous aident avec beaucoup de cœur. Ils ne font pas que déplacer du matériel, ils s’impliquent», affirme Anca Niculicioiu, directrice du Cartier Émilie. Elle cite en exemple, notamment, l’idée de Ty de mettre en valeur les objets qui peuvent être intéressants pour les collectionneurs. En plus de leur main d’œuvre, les jeunes de Katimavik apportent une «bouffée d’air frais, dans une équipe qui, si elle est jeune de cœur, n’est pas si jeune que ça», raconte Mme Niculicioiu en riant.

Laurie et Ty quitteront le Cartier Émilie et le Québec au début du mois de décembre, pour aller au Manitoba, puis en Ontario. Deux autres jeunes prendront leur place à ce moment là. «On espère vraiment que le partenariat avec Katimavik durera longtemps», souhaite la directrice.

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