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Conserver les entreprises dans leur assiette

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 17 octobre 2007 à 8:20
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Conserver les entreprises dans leur assiette
De nombreux gens d'affaires ont pu assister au discours annuel du maire, qui se veut optimiste et préventif à la fois. (Photo: Courtoisie)
Allocution annuelle
Conserver les entreprises dans leur assiette
C'est une tradition à laquelle on ne peut déroger. Le 15 octobre, le maire de l'arrondissement Alan DeSousa a fait face aux membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Saint-Laurent à l'occasion d'un déjeuner-causerie. Il a servi, au moyen d'une allocution devenue rituelle, les ingrédients qui permettraient d'obtenir la recette d'un dynamisme économique maintenu. Il a pointé les enjeux qui nourrissent les débats et défis actuel et à venir.
Réunies au Buffet Crystal, plus de 200 acteurs du secteur des affaires ont pu découvrir le menu d'un diner soigné, mais également la carte des données économiques, mais surtout démographiques, pour les prochaines années.

Au cours d'un exposé agrémenté de statistiques et exemples variés, les convives ont pu profiter d'un avant-goût des perspectives esquissées par le maire DeSousa. L'intervention, placée sous le thème «Maintenir le dynamisme de Saint-Laurent», a permis de brosser un bilan des activités économiques de l'arrondissement, rappeler les principaux projets en cours à cet effet, mais aussi d'évoquer un programme d'investissement mis en place à l'échelle de l'île, afin de développer les artères commerciales et les secteurs industriels.

Un des points majeurs qui a pimenté le discours de cette année a été la question de l'immigration, qu'il s'agisse de son flux ou de sa gestion, notamment dans le secteur des affaires.
Garder l'oeil ouvert
Le tableau global dressé par le maire, qu'il s'agisse de Saint-Laurent, de Montréal, ou même du Québec, a toutes les raisons de réjouir. «Les nouvelles sont bonnes», prévient M. DeSousa.
L'euphorie est générale, avec un taux de chômage réduit comme une peau de chagrin – le plus bas depuis 30 ans. La construction s'est bâti une santé de béton, engageant près d'un milliard de dollars entre 2002 et 2006, uniquement pour Saint-Laurent. Les investissements facturiers, quant à eux, ont fluctué à tour de bras, représentant 375 millions de dollars pour l'an passé.

Cependant, le maire met en garde: il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers, et une croissance confortable. Car le réveil de géants économique, au premier desquels la Chine et l'Inde, risquent fort de provoquer cauchemars et insomnies à l'économie locale sur le moyen terme. À M. DeSousa de proposer un revitalisant économique: «Le programme Réussir à Montréal, annoncé la semaine dernière, comporte un investissement de 60 millions de dollars sur dix ans pour les artères commerciales et l'industrie. […] Plusieurs secteurs de Saint-Laurent devraient en profiter.»
Des mots, des mots, démographie…
Le manqué de main d'œuvre est le point crucial à régler si l'on ne désire pas que les bras nous en tombent d'ici quelques années. Certains secteurs (voir l'encadré) peinent à recruter et la pénurie devrait s'aggraver.
Les scénarios proposés par le ministre de l'immigration et des communautés culturelles devront être mûrement réfléchis. Outre les difficultés à atteindre les objectifs fixés face à la concurrence des autres pays industrialisés, le maire de Saint-Laurent a qualifié de «gaspillage» concernant la main d'œuvre qualifiée récemment arrivée et pour laquelle le taux de chômage atteint 18%.

Un message subliminal a ainsi été passé aux chefs d'entreprises laurentiennes, en abattant la carte de l'intégration par l'emploi. «Nos entreprises doivent comprendre ce que signifie l'intégration d'une proportion toujours plus grande de main-d'œuvre immigrante et s'organiser pour le faire efficacement», glisse le maire, ce qui a fait office de conclusion.

L'intégration des immigrés est un gage de croissance, et les entreprises devront s'y employer.

(Photo:José Ballard)
Le défi démographique et migratoire
+ 1,5%: c'est l'augmentation moyenne du nombre d'emplois prévue.

Secteurs en pénurie de main d'œuvre: télécommunication, logiciel, aérospatiale, bio-pharmaceutique, santé, assurances

En outre, une quarantaine de programmes d’études spécialisées ne trouvent pas suffisamment d’étudiants pour répondre à la demande des entreprises

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