Par un après-midi assez frisquet, environ 150 personnes ont participé à une marche à Saint-Laurent, afin de convaincre le député Stéphane Dion de s’opposer au projet de loi C-3 concernant la nouvelle loi des certificats de sécurité.
(Photo: Maya d’Alarie photo)
Manifestation à Saint-Laurent
«Dion, dis non!»
Une manifestation s’est déroulée le 17 novembre à Saint-Laurent. Pourquoi avoir choisi ce lieu pour manifester? Parce qu’il s’avère que l’arrondissement est aussi la circonscription du chef du parti libéral, Stéphane Dion, et que les manifestants voulaient faire passer leur message le plus directement possible. Les quelque 150 personnes demandaient à M. Dion, qui brillait par son absence, de s’opposer au projet de loi C-3 concernant la nouvelle loi des certificats de sécurité.
Le dépôt de ce projet de loi fait suite à la décision de la Cour suprême du Canada – rendue le 23 février dernier dans l’affaire Charkaoui – dans laquelle il avait été déclaré que le régime des certificats de sécurité enfreint la Charte canadienne des droits et libertés parce qu’il ne permet pas à la personne désignée de connaître les preuves utilisées contre elle, et encore moins de les contester.
La manifestation agrémentée de musique et d’affiches aux couleurs brillantes a eu lieu dans le quartier adjacent à la station de métro Côte-Vertu, où vivent de nombreux immigrants musulmans et arabes. On pouvait y entendre la foule scander à tue-tête «Dion, dis non!». Les passants se voyaient offrir des feuillets d’information et pouvaient également signer la pétition expliquant les injustices du projet de loi déplorées par ses opposants.
45 organismes signent
«L’ambiance était très festive et vivante, mentionne l’organisatrice de la marche Mary Foster. La manifestation était composée de gens de différents groupes d’âge et milieu».
Des membres de différents organismes, tels Québec Solidaire, le Nouveau parti démocratique, le Centre travailleurs et travailleuses immigrant-e-s, No One is Illegal, le Forum musulman canadien, le CAIRCAN, le Conseil musulman de Montréal, la Ligue des droits et libertés, le Comité justice pour Mohamed Harkat , ainsi qu’Adil Charkaoui ont chacun leur tour pris parole pour exprimer leur désaccord face au projet de loi C-3.
À leur arrivée au bureau de M. Dion, une délégation de membres de la communauté a remis une lettre ouverte, signée par 45 organismes, à un représentant du chef du parti libéral. «Après s’être vu remis la lettre, le représentant de M. Dion a promis qu’il allait bientôt organiser une rencontre avec son chef de parti», rapporte Mme Foster.
La manifestation s’est terminée par une résolution de ses participants voulant que la campagne publique se poursuive jusqu'à ce que les cinq détenus soient libérés ou aient droit à un procès équitable, et jusqu'à ce que les non-citoyens aient la garantie de leurs droits fondamentaux, d’un procès équitable, et de la protection contre la détention indéfinie et la déportation pour torture.
(Photo: Maya d’Alarie photo)