Émotion et motion
Le revirement a de quoi étonner. Les commissions chargées de formuler des recommandations sur la question d'urbanisme et de transport étaient unanimes concernant la nécessité de modifier le tracé du prolongement de Cavendish. La motion déposée lors du conseil de Ville le 26 novembre a été rejetée par les élus, alors que certains d'entre eux avaient épousé la cause lors des commissions.
Les 8 et 22 novembre, des consultations publiques s'étaient tenues au sujet du plan d'urbanisme, puis du plan de transport pour la ville de Montréal. La commission chargée de recueillir les doléances, dont la vice-présidence est assurée par Noushig Eloyan, avait adopté à l'unanimité la demande de révision du projet de prolongement de Cavendish. «Les citoyens demandaient clairement que le prolongement de Cavendish ne devait pas se faire dans l'axe de Toupin» indique Noushig Eloyan, chef de l'opposition officielle.
Les recommandations faisant suite aux consultations publiques ont par la suite été déposées auprès du conseil de Ville.
Parallèlement, une motion fut déposée par l'opposition à la fin du même conseil reprenant les termes exacts de la recommandation, soit que «le prolongement du boulevard Cavendish vers le boulevard Henri-Bourassa ne se fasse pas dans l’axe du boulevard Toupin».
Cependant, la motion fut rejetée, alors même que certains élus s'étaient déclarés en faveur d'une révision du projet alors qu'ils étaient au sein de la commission. «C'est très décevant, déclare Mme Eloyan. Les élus n'ont pas su passer au-delà de la partisanerie, et l'exécutif avait une réponse déjà toute faite pour les citoyens intervenant sur le sujet lors de la période de questions.»
La commission était présidée par Manon Barbe, qui explique sa non-participation à la motion. «Il nous manquait des pans d'information qui nous ont été présentés entre le dépôt de la recommandation et le vote de la motion. Il y a une grande différence entre déposer une recommandation et voter un motion avec le même libellé», se défend-elle. Mme Barbe précise que les étapes seraient brûlées, car les recommandations n'auraient pas eu le temps de passer par l'expertise des services administratifs, avant d'être imposées sous forme de motion au comité exécutif.
Le nouveau plan proposé par Alan DeSousa et Marie-Andrée Beaudoin a certainement influencé le revirement, car les commissaires n'avaient pas, lors des consultations, toutes les cartes en main.
L'opposition reste toutefois réticente vis-à-vis du plan préliminaire soumis. «Les aménagements de surface, ça peut changer au gré des politiciens de passage à la Ville, prévient quand même Noushig Eloyan. Un tracé, non, et c'est pour cela que les garanties données par ce plan ne sont pas des réponses convaincantes.»
Il reste aux citoyens de juger si le nouveau plan présenté pour l'aménagement du carrefour Cavendish/Henri-Bourassa est satisfaisant ou non.