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Les enseignants demandent des balises pour les accommodements

Elyse Amend par Elyse Amend
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Article mis en ligne le 30 novembre 2007 à 9:21
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Les enseignants demandent des balises pour les accommodements
La présidente du syndicat des enseignants Andrée Aubut (au centre), s’est adressée aux coprésidents de la commission Bouchard-Taylor lundi matin. Photo The Chronicle, Éric Carrière
Les enseignants demandent des balises pour les accommodements
Des dirigeants du Syndicat de l’enseignement de l’Ouest de Montréal (SEOM) — qui représente les enseignants de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys — ont indiqué aux membres de la Commission Bouchard-Taylor que les enseignants ont besoin de lignes directrices. Ces balises leur permettraient d’appliquer de manière appropriée les demandes d’accommodements raisonnables dans leurs écoles.
Après des arrêts dans 16 villes à travers le Québec, la commission sur les accommodements raisonnables a passé la semaine au Palais des congrès, donnant ainsi aux citoyens de la région de Montréal la possibilité d’exprimer leurs idées sur la diversité culturelle dans la province.

«On doit réaliser dans quelle position se trouvent les enseignants», déclare la présidente du syndicat, Andrée Aubut en faisant référence aux nombreuses cultures dans l’Ouest de l’île et sa proche interaction avec la population anglophone qui vient changer constamment la signification du concept de «vivre ensemble». «Il y a une responsabilité très grande ici.»

Mme Aubut ajoute que les enseignants constituent souvent «la première ligne» dans l’intégration des immigrants et qu’ils ont besoin de balises pour s’acquitter de cette tâche de manière appropriée.

Nicole Frascadore, de la SEOM, fait référence au cas hautement médiatisé depuis 2001 du fameux port du kirpan. Un élève de 12 ans de l’École Sainte-Catherine-Labouré, Gurbaj Singh Multani a échappé accidentellement le sien en jouant avec d’autres élèves dans la cour de l’école. En tant que sikh orthodoxe, le jeune Singh Multani portait la dague sous ses vêtements comme symbole religieux, et non comme arme.

L’incident et les mesures prises ont été couverts par les médias durant près de cinq ans jusqu’à ce que la cour suprême du Canada ne statue. Le plus haut tribunal du pays a jugé que l’interdiction du kirpan dans les écoles publiques constituerait une violation des libertés religieuses protégées par la charte des droits et libertés.

Mme Frascadore déclare que la décision a créé un malaise parmi les enseignants à propos des enjeux des accommodements raisonnables. Ils reçoivent, poursuit-elle, tellement de requêtes différentes avec de nombreuses implications religieuses et culturelles qu’ils ne savent plus trop à quel saint se vouer.

Le syndicat a demandé aux coprésidents Gérard Bouchard et Charles Taylor de suggérer des lignes directrices qui instruiraient ses membres sur la façon de procéder. Il devrait aussi y avoir un rapport annuel faisant état des demandes effectuées afin de garder les directives à jour.

Le SEOM que la structure des classes d’accueil pour les nouveaux arrivants doit être améliorée pour faciliter l’intégration des élèves autant que des enseignants. Le syndicat souligne aussi l’importance de donner au personnel une formation suffisante sur les autres religions et cultures afin de mieux pouvoir les comprendre et les enseigner.

«Les demandes peuvent varier. Nous avons besoin de savoir ce que nous pouvons accepter et ce que nous devons refuser», poursuit Mme Aubut.

«Nous avons besoin d’être capables d’accommoder», ajoute Mme Frascadore. «Mais il doit y avoir un équilibre.»

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