Prolonger la ligne orange de Côte-Vertu jusqu'à Laval? C'est le souhait du maire Gilles Vaillancourt, mais Montréal semble vouloir s'en tenir aux plans établis. Le maire de Saint-Laurent, lui, se satisferait pour l'instant d'un prolongement jusqu'à la gare de Bois-Franc.
(Photo: Archives)
Transports en commun
Saint-Laurent et Laval en bout de ligne?
Relier Laval et Montréal par la prolongation de la ligne de métro orange à partir de Côte-Vertu? Au vu du succès remporté à l'autre extrémité de la ligne, le maire de Laval a évoqué cette possibilité sur le moyen terme, à l'occasion de la présentation du budget de sa ville. Pour l'instant, les études concernent prioritairement une station supplémentaire desservant la gare de Bois-Franc. La perspective de relier Laval et Saint-Laurent par le truchement des transports en commun pourrait bien changer la donne circulatoire automobile. Mais de longues années devront s'écouler d'ici là.
Dix ans. Nos enfants auront eu le temps de grandir et auront peut-être adopté le réflexe d'emprunter assidûment les transports en commun. Car dix ans, c'est également le temps que le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, espère nécessaire au prolongement de la ligne de métro, pour relier la station Côte-Vertu à la rive nord. Lors de la présentation de son budget, il y a quelques semaines de cela, il a de nouveau exprimé son souhait de voir une deuxième connexion se réaliser entre les deux îles, mais cette fois plus à l'ouest.
Les projets de prolongation du métro se sont succédé au fil des ans, et cette vision optimiste démontre une volonté d'aller de l'avant dans le raccordement entre Montréal et sa banlieue. Il faut dire que le succès remporté par les nouvelles stations lavalloises n'ont pu que conforter le maire dans cet objectif: à l'autre bout de la ligne, l'appel a été entendu, et la réponse ne s'est pas faite attendre, les couloirs des nouvelles structures étant abondamment fréquentés depuis leur ouverture.
Cependant, l'administration montréalaise n'a pas soulevé d'enthousiasme débordant vis-à-vis de ce projet. Lors de la confection du plan de transport pour la ville de Montréal, au cours de l'été dernier, les points examinés prioritairement, en ce qui concerne le développement du réseau souterrain, étaient la prolongement de la ligne bleue vers l'est, et de la ligne orange vers le nord – mais une seule station était concernée.
Or, le projet de M. Vaillancourt comporterait quatre nouvelles stations, dont deux à Montréal, et inclurait donc la fameuse station supplémentaire permettant une connexion avec la gare de Bois-Franc. Pour André Lavallée, responsable du transport et de l'aménagement urbain au comité exécutif, il semblerait que l'on aille un peu vite en besogne avec ces plans. Effectivement, le développement du métro jusqu'à Laval n'avait pas été inscrit parmi les priorités des développements des transports en commun.
Les rames avant les rails?
La position semble partagée par le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.
«Nous disposons toujours de notre plan à long terme, fixé au cours des années 80. Il a été conçu pour permettre l'intermodalité des moyens de transports au niveau de la gare de Bois-Franc, rappelle le maire de l'arrondissement. Atteindre Laval, c'est quelque chose qui va aller plus loin, je ne préfère pas m'embarquer dans ce débat. Pour l'instant, j'espère que le prolongement prévu dans le plan initial se fasse, ce qui paraît raisonnable, peu coûteux, et permet de desservir aussi bien la clientèle de Saint-Laurent que celle de Laval. On voit déjà les bénéfices de la gare Du Ruisseau. Dans un premier temps, la connexion avec la gare de Bois-Franc permettrait de juguler le trafic automobile vers le centre-ville.»
Et, outre un facteur temps aux allures idéalistes – les négociations et la concrétisation des trois nouvelles stations se sont étalées sur de nombreuses années – le nerf de la guerre n'en restera pas moins un sujet délicat.
Le maire de Laval estime que le coût total du prolongement de la ligne s'élèverait à un milliard $, en suggérant d'aller piocher dans le budget provincial, de façon intermittente.
À l'heure où la ville de Montréal vient de miser sur l'intensif, avec l'augmentation de la fréquence de passage du métro, le développement extensif de ce dernier est à nouveau lancé sur la table.
(Photo: Archives)