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Gérald Tremblay: «La dernière chose que l'on veut faire, c'est des ghettos»

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 21 janvier 2008 à 16:31
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Gérald Tremblay: «La dernière chose que l'on veut faire, c'est des ghettos»
«Pour cette raison, nous voulons mettre l'accent sur l'embellissement, et encourager les initiatives communautaires.» (Photo: Martin Alarie)
Entrevue
Gérald Tremblay: «La dernière chose que l'on veut faire, c'est des ghettos»
Le maire de Montréal, entre deux poignées de main, nous a accordé une poignée de minutes afin de répondre à deux questions dans le cadre de sa visite à Saint-Laurent, et plus particulièrement à la Place Benoit.
Les Nouvelles Saint-Laurent: Vous êtes venu rencontrer les résidents de la Place Benoit, à Saint-Laurent. Il s'agit du parfait exemple d'une poche de pauvreté, avec une concentration d'immigrants très élevée, des logements insalubres, des infrastructures détériorées…

Est-ce que la ville ne gagnerait pas à percer ces poches et favoriser une répartition plus homogène des nouveaux arrivants?

Gérald Tremblay: Historiquement, la place Benoit présente un cas similaire à celui des habitations Jeanne Mance, avec des bases qui remontent aux années 60. Nous prenons comme référence notre politique de mixité, avec un seuil de 30% réservé au logement social. La dernière chose que l'on veut faire, c'est des ghettos. Pour cette raison, nous voulons mettre l'accent sur l'embellissement, et encourager les initiatives communautaires.

Si l'on regarde ce qu'il s'est passé en France, comment la situation a été gérée, on peut dire que notre gestion constitue un modèle. Quand je rencontre Bertrand Delanoë [NDLR: le maire de Paris] et que l'on en parle, il me demande "Mais comment faites-vous pour gérer ça?"

On en veut pas avoir de poches de pauvreté, et pour cela il faut mettre en œuvre une intégration harmonieuse. Voyez les communautés grecs, italiennes, qui reviennent aujourd'hui vers le secteur du Vieux-Port. Nous avons plusieurs exemples de communautés qui s'intègrent harmonieusement à Montréal.

Les Nouvelles Saint-Laurent: La Place Benoit est un endroit enclavé physiquement, et même «psychologiquement», pour reprendre la formule de la conseillère Patricia Bittar. La manière de développer les transports va-t-elle de paire avec un souci d'intégration? Est-ce que la constitution du plan de transport est effectuée avec ce souci?

Gérald Tremblay:Oui, définitivement. On pense à améliorer le plan de transport en commun, car les résidants d'un secteur tel que celui-ci, comme la dame avec qui je m'entretenais il y a quelques instants, n'ont généralement pas de voiture. Si on veut que les personnes puissent se déplacer, il faut développer cet aspect-là.

Mais il est nécessaire de travailler également sur l'échange communautaire, le verdissement, les activités d'animation et l'intégration professionnelle. Et ainsi trouver des solutions durables à la pauvreté. L'organisme Bon Courage est un bel exemple de cela, puisqu'il travaille dans cette direction. […] Les investissements dans la qualité de vie sont nécessaires, on va tout faire pour les accompagner. Il est important que le mouvement vienne de bas en haut. Ça prend des citoyens qui s'impliquent.

(Propos recueillis par Sylvain Sarrazin)

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