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Après le silence religieux, la résurrection

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 8 février 2008 à 11:29
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Éditorial
Après le silence religieux, la résurrection
Un responsable politique a au moins une qualité en commun avec le responsable religieux. S'il veut que sa doctrine survive, il doit être bon orateur. Alors allons-y, prenons la parole. Et le mimétisme ne se fait pas attendre. L'un ouvre le bal, les autres suivent; et chacun y va de sa confession ou de sa prophétie politique. Avec un seul dessein: passer pour un saint. Les élus locaux de Saint-Laurent sont actuellement en pleine résurrection.
Dans les pays musulmans, le vendredi est un jour saint, consacré à la prière et au dévouement. Dans l'arrondissement de Saint-Laurent, il semblerait que les politiques ont choisi, depuis le début de l'année, ce même vendredi afin de prêcher pour leur paroisse. Voyez donc la procession d'élus qui se succède depuis quelques semaines.

Vendredi 25 janvier: le maire de Montréal, Gérald Tremblay, répandait la bonne parole auprès des gens d'affaires, des organismes communautaires, ou toute autre oreille prête à recueillir les propos politiques parmi les plus litaniques.

Vendredi 1er février: la ministre et députée Christine St-Pierre nous reçoit dans son bureau de comté. Aucune actualité particulière; simplement marquer le jubilé de sa prise de fonctions, faire le point sur les dossiers en cours ou en préparation.

Vendredi 8 février: au tour de Stéphane Dion de se manifester, toujours pour des motifs qui restent difficilement identifiables. Les voies de la politique sont souvent impénétrables.

Nous attendons encore l'appel de l'attaché politique de Jacques P. Dupuis; peut-être lui aussi désirera-t-il son baptême médiatique pour 2008?

Ce remous politique et ces rencontres avec les représentants des électeurs ne sont pas dénués de signification. La fidélité est une vertu qui s'entretient et, si la religion est ancrée sur des principes de périodicité, il en va de même avec la politique. Or, les périodes électorales, grandes messes où l'électeur fait son magasinage parmi le panel de doctrines disponibles, ne sont pas aussi fréquentes que les célébrations religieuses. Ainsi, pour alimenter la ferveur des électeurs, rien de tel qu'une légère apparition, ou réapparition, histoire de ne pas se retrouver relégué au rang de relique. Et rappeler que l'on ne reste pas dans sa tour d'ivoire.

Saint-Laurent jouit tout de même de sacrées figures (figures sacrées?), souvent affairées à alimenter les grands manitous médiatiques nationaux. Mais, subitement, il semblerait qu'il suffise que l'un d'entre eux s'éveille, pour que tous les autres s'illuminent. Comme autant d'enfants prodigues, un retour aux sources s'impose pour ne pas oublier le niveau politique le plus élémentaire, soit le niveau local.

Bref, nos colonnes ont soudainement été prises d'assaut, après un silence religieux de plusieurs mois pour certains. Ces mêmes colonnes n'ont pour fonction de soutenir quelque édifice politique que ce soit, simplement d'observer et de rapporter les travaux de ceux qui tirent les rênes, espérant bien un jour devenir rois (Stéphane Dion ne cache pas son ambition de devenir locataire du 24, promenade Sussex). Comme s'ils se souvenaient subitement qu'il est malhabile de négliger la bénédiction du plus grand nombre. Aussi bien que du plus petit.

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