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Grand-mère sous le microscope

Concertation-Femme publie un recueil de remèdes naturels du monde

Normand Forgues-Roy par Normand Forgues-Roy
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Article mis en ligne le 21 mars 2008 à 16:54
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Grand-mère sous le microscope
Ahmed Bensaada, professeur en charge du projet à l'École La Dauversière, trouve une stimulation dans le projet: «C’est la beauté du projet, ça permet défaire des conceptions erronées et de rebâtir à partir de ça», explique-t-il. : (Photo: Martin Alarie)
Grand-mère sous le microscope
Concertation-Femme publie un recueil de remèdes naturels du monde
De l'Argentine à la Moldavie, de la Guinée à la Chine, les femmes se transmettent des recettes pour soigner petits et grands bobos. Devant l'intérêt suscité par les soins naturels chez ses membres, Concertation-Femme a eu l'idée de publier un recueil de ces remèdes. Pour faire comprendre l'effet réel du cataplasme de moutarde et autres petits traitements, des élèves de l'école La Dauversière ont entrepris des recherches sur une soixantaine de recettes recueillies par l'organisme. La dernier guide de Concertation-Femme, Remèdes naturels du Monde, est le fruit de leurs recherches. Quand les remèdes traditionnels ont une base scientifique…
Chaque année, Concertation-Femme publie un guide pratique pour les femmes qui fréquentent l'organisme. Après le recueil de contes l'an dernier, Maysoun Faouri a eu l'idée de recueillir des remèdes traditionnels et de les décortiquer. Après des discussions avec l'école La Dauversière, les élèves du programme international d'Ahmed Bensaada, se sont retrouvés à faire des recherches sur des remèdes aussi variés que possible.

M. Bensaada souligne que le projet a permis aux étudiants de voir autrement les remèdes traditionnels: «Ça leur paraissait comme un truc sans grande valeur» se rappelle M. Bensaada. Puisque la plupart des recettes comportent vraiment des éléments actifs, les scientifiques en herbe ont commencé à revoir leurs conceptions, un peu comme Cristian Margineanu : «Ça m’a amené à plus faire confiance aux remèdes traditionnels. Ça fait des centaines d’années que les grand-mères traitent des maladies avec ces remèdes, là on réalise que ça marche vraiment.» Cet aspect touche à la fonction même de l’enseignant, selon le professeur : «C’est la beauté du projet, ça permet défaire des conceptions erronées et de rebâtir à partir de ça», souligne-t-il un sourire dans la voix.
Apprendre la science avant le temps
Tout au long du projet, les étudiants de M. Bensaada ont appris et fait des choses, au-delà de leurs compétences: si le projet ne comporte aucune manipulation en laboratoire (les expériences nécessaires demandent trop de matériel de pointe), la recherche demandée aux jeune est exigeante. Le professeur leur demande de chercher sur Internet, dans des livres, des études sérieuses, et de séparer le bon grain de l’ivraie. Les étudiants sont d’ailleurs évalués là-dessus. Pour Laurence Matteau-Pelletier, ces recherches sont d’ailleurs une des difficultés du projet : «Ça demande beaucoup de persévérance, il y a beaucoup d’éléments actifs, beaucoup de pistes à explorer.» En effet, ces remèdes fonctionnent pour la plupart par la combinaison de deux éléments actifs, par un effet de chimie.
Si ce genre de travail peut sembler moins scientifique par l’absence de travaux en laboratoire, pour le professeur ça s’approche beaucoup plus du vrai travail scientifique: «C’est très important de les former à cet aspect scientifique avant d’arriver au CÉGEP. Là ils ont déjà une idée précise de la science.» Pour lui, un projet comme Remèdes naturels du monde entier permet de trouver un juste milieu entre des chiffres et du texte, puisque la science ne se résume pas qu'à des chiffres.

Le projet a sensibilisé les étudiants à un autre aspect important du travail scientifique : le droit d’auteur. Pour accompagner le projet, les jeunes doivent fournir des images, mais pas tirées de n’importe où. «Je leur ai demandé de fournir des images libres de droits, ou alors de demander la permission. Les jeunes ne sont pas habitués à ça. On est dans un monde où les jeunes ont le réflexe de prendre sans demander.», souligne M. Bensaada

Chose certaine, à la source, si les recettes sont libres de droit, elle sont parfois libres d’ingrédients actifs. C’est pourquoi sur les 60 recettes retenues au départ, seulement 49 sont expliquées dans le guide. Mais à Concertation-Femme, on a tenu à souligner le travail des femmes qui ont fait des recherches, ont appelé au pays, elles y ont mis du temps et de l’énergie. Voilà pourquoi, bien que bien que la recette pour faire allonger les cils n’a pu être expliquée faute de recherches antérieures, elle trouve sa place dans le recueil avec le remède pour soigner l’hypoacousie, ou perte de capacité auditive, à base de jus de chou.

Le Recueil est en vente au coût de 15 dollars à Concertation-Femme, au 2005 Victor-Doré. On peut aussi Consulter le site Internet: www.csdm.qc.ca

: Photo: Martin Alarie

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