L’automobile et la famine mondiale
Au cours des cinq dernières années, le prix du maïs est passé de 103,6 dollars la tonne à 140,4 dollars la tonne en 2006/2007, et plus de 240$ en avril. Malheureusement, l’effet néfaste de cette politique gouvernementale n’est pas limité à l’augmentation du prix du maïs. Le prix élevé du maïs encourage les fermiers à consacrer de plus en plus de terres fertiles à cette production. Ainsi, l’interférence politique a pour conséquence d’allouer plus de ressources à la production de maïs au détriment d’autres denrées alimentaires. La disponibilité réduite de ces autres denrées pousse à la hausse les prix de tous les aliments de base, y compris le lait et la viande, les céréales étant utilisés pour nourrir le bétail. Au Mexique, le prix des tortillas a augmenté de 80% au cours des deux dernières années. Haïti vit des journées de révoltes en raison de l’augmentation insensée du prix des céréales. En Egypte, la population est écrasée par l'inflation galopante, qui touche les produits alimentaires. Au Cameroun, on compte des dizaines de morts depuis le début du mois. Une grève générale a paralysé Ouagadougou, capitale de Burkina Faso. Argentine, Yemen, Zimbabwe, Mexique, Sénégal, Bangladesh, Philippines, Guinée, Mauritanie, Maroc, Sénégal, Ouzbékistan… Une trentaine d'autres pays ont aussi connu, des troubles liés à la hausse des prix des céréales. La flambée des prix est une catastrophe pour les familles du tiers-monde, dont le revenu est consacré à hauteur de 70% à l'alimentation, contre 15% dans les pays développés.
Selon la maison de sondage, Reason, 100 millions de tonnes de céréales seront transformées cette année en carburants, ce qui mettra les stocks planétaires à leur plus bas niveau depuis des décennies. Or, 100 millions de tonnes peuvent nourrir 450 millions de personnes pendant un an…Est-ce uniquement la faute des Américains ? Non il y a d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte comme la sécheresse anormale de plusieurs pays producteurs de riz qui n’arrive plus à faire des provisions pour les pays pauvres. Mais la politique énergique américaine est irréaliste aux yeux de plusieurs.
Aux États-Unis, le programme des carburants renouvelables inhérents à la loi sur la politique de l'énergie de 2005 (Energy Policy Act of 2005) commande l'utilisation de carburant renouvelable dans l'essence à raison de 7,5 milliards de gallons d'ici l'année civile 2012. Selon les estimations, les États-Unis ont produit 4,9 milliards de gallons d’éthanol en 2006, soit 25 p. 100 de plus que l’année précédente et 130 p. 100 de plus qu’en 2002. Ils comptent 116 usines d’éthanol. Quatre-vingt-une usines de plus y sont en construction et au moins huit sont en cours d’agrandissement, ce qui leur permettra de produire 6 milliards de gallons d’éthanol de plus d’ici 2009. Compte tenu des diverses mesures incitatives que le Canada a mises et mettra en place afin d’encourager la production et l’utilisation d’éthanol et de l’influence importante de ses voisins du Sud sur ce marché, il serait utile que les décideurs examinent comment les prix du maïs et de l’énergie influent sur le secteur de l’éthanol de maïs aux États-Unis. Au Québec, le gouvernement veut remplacer 5% de l’offre de carburant fossile par l’éthanol pour 2012. Cette proportion se traduit par la production de 450 millions de litres d’éthanol par année. Pour le moment, l’usine d’éthanol de varennes qui produit à partir de maïs fourni 120 millions de litres. Greenfield Éthanol, la propriétaire de cette usine s’est joint à Enerkem, une compagnie québécoise. La technologie d'Enerkem transforme la biomasse comme les déchets solides municipaux triés et les résidus forestiers en éthanol cellulosique et autres biocarburants. Dans son premier projet Enerkem se servira de poteau électrique qui ne sert plus à Hydro-Québec pour produire 5 millions de litres d’éthanol l’an prochain. À terme, le président d’Énerkem, Vincent Chornet est confiant que sa technologie puisse combler les 330 millions de litres annuel au Québec. M. Chornet précise également qu’Énerkem est parmi les rares compagnies dans le monde qui maîtrise l’art de transformer la biomasse en éthanol. «Notre potentiel est immense et planétaire, mais nous aimerions d’abord faire notre part chez-nous». Voilà une solution bien prometteuse que le maïs et qui ne mettra pas la planète en famine sans parler qu’en termes de rendement énergétique, la transformation de la biomasse en éthanol cellulosique produit huit fois plus d'énergie qu'elle n'en dépense, ce qui est loin d’être le cas du maïs qui demande autant d’énergie à transformer que ce qu’il permet d’économiser.
L’idée de remplacer les carburants fossiles est louable, mais pas au détriment d’une famine des pays du tiers-monde. L’Éthanol cellulosique est la seule voie envisageable. Plus efficace que l’éthanol fait à partir de maïs, elle permet également de se débarrasser des déchets et de résidus de bois.
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2008. Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedi à 16 :00 sur les ondes du 98,5 FM de Montréal ou via internet au
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Le Nobel de la Paix nousd amène la guerre civile à la faim
Fernand TrudelArticle mis en ligne le 22 avril 2008
Il est paradoxal que la lutte utopique au climat produise une telle catastrophe: Faire mourrir de faim une partie de la planète.
Pourtant le CO2 n'est pas aussi nocidf qu'on essaie de nous faire croire.
La plupart des végétaux sont apparus sur Terre à une époque où la concentration en gaz carbonique était 4 à 5 fois plus élevée qu’aujourd’hui. Elles ont su tirer partie de cette ressource, puisque le CO2 est utilisé avec l’eau et la lumière pour assurer la photosynthèse, et donc la croissance de la matière organique. Que le CO2 soit favorable aux cultures est connu depuis deux siècles déjà : en 1804, Nicolas de Saussure consignait cette observation dans ses Recherches chimiques sur la végétation. Dans les années 1960 et 1970, plus de 400 expériences locales de fumigation au gaz carbonique ont été développées. Et, à partir des années 1980 et 1990, l’enrichissement au CO2 est devenu l’objet d’une attention plus systématique dans le cadre des travaux sur le réchauffement climatique et on disait carrément le contraire.
Deux études récemment parues montrent que le soja, le blé et le riz bénéficient bel et bien de gains de productivité importants en milieu CO2 enrichi, contrairement à de récentes assertions en sens contraire, et que les forêts soumises aux mêmes conditions d’enrichissement en gaz carbonique ne souffrent pas de carence en azote.
Dans une nouvelle méta-analyse parue dans le New Phytologist, Lewis H. Ziska et James A. Bruce rouvrent le dossier et comparent les données disponibles, à conditions équivalentes, pour le riz (Oryza sativa), le soja (Glycine max) et le blé (Triticum aestivum), trois plantes d’intérêt majeur pour l’humanité. Ils ont normalisé les données et comparé les gains de récolte attendus pour un enrichissement à 700 ppm (contre 370 ppm).
Résultats :
- pour le riz, le gain est de 44 % en serre, 24 % en tunnels, 19 % en système SPAR, 26 % en OTC, 20 % selon FACE ;
- pour le soja, le gain est de 34 % en serre, 36 % en tunnels, 28 % en système SPAR, 37 % en OTC, 40 % selon FACE ;
- pour le blé, le gain est de 47 % en serre, 26 % en tunnels, 31 % en OTC, 19 à 23 % selon FACE (avec deux méthodologies différentes).
Comme le remarquent les auteurs, « on ne trouve aucune base à une surestimation importante (x2) et consistante de la réponse des récoltes à l’enrichissement CO2 dans les systèmes clos par rapport aux systèmes FACE (plus proches des conditions réelles) ». Les serres sont toujours plus productives (sauf pour le soja où la réponse est meilleure en plein air), et le système FACE (plus proches des conditions réelles) se situe généralement non loin des autres pour les gains de productivité. Les auteurs rappellent également qu’il existe plus de 100 000 cultivars de riz, et des milliers pour le blé et le soja : cela laisse du champ pour sélectionner ceux qui présentent la meilleure réponse T / CO2 / précipitation, et cela même en restant dans le cadre de plants non génétiquement modifiés.
Décidément, les plantes ne sont pas comme les humains et elles apprécient le gaz carbonique.
Adrien C. Finzi et 17 co-auteurs ont récemment livré à ce sujet une synthèse des expériences FACE en milieu forestier : laboratoires Rhinelander, Duke et Oak Ridge aux Etats-Unis, étude POP-EUROFACE en Europe (Finzi 2007). Un précédent travail en 2005 avait montré un gain de productivité de 23 % pour une hausse artificielle de CO2 de 174 ppm.
Maintenant pour ceux qui demeurent hystériq