Le président de la firme Atlantis Sécurité, René Desputeau, surveille 650 entreprises situées dans le secteur industriel de Saint-Laurent, où sa compagnie a appréhendé 262 voleurs depuis 15 ans. (Photo: Jacques Pharand)
Le secteur industriel sous surveillance
Le secteur industriel de Saint-Laurent est immense et très lucratif. Il vient d'ailleurs au deuxième rang provincial en terme de superficie, tout juste derrière Montréal, couvrant près de 70% du territoire laurentien. Il compte plus de 4000 compagnies, notamment des entreprises spécialisées en pharmaceutique, en aéronautique, en télécommunications et en technologies de l'information, qui génèrent des millions de dollars de revenus en taxes foncières chaque année.
Ce secteur, où travaillent des milliers de personnes le jour, devient une véritable ville fantôme la nuit venue, offrant ainsi un terrain de jeu aux voleurs qui veulent «travailler» sans être trop dérangés. Mais qui s'occupe de veiller à la sécurité du secteur industriel de Saint-Laurent?
Même s'il existe des mesures de soutien mises à la disposition des entreprises via Développement économique Saint-Laurent (DESL), les compagnies sont responsables de leur propre sécurité.
«Chaque compagnie a la liberté de choisir avec qui elle fait affaire [en ce qui concerne la sécurité], explique le maire Alan DeSousa. À cause de la taille de notre parc industriel, il y a probablement une quantité importante de compagnies [de sécurité] qui opèrent directement avec leurs clients, qui eux n'ont pas nécessairement de lien avec l'arrondissement. La seule sécurité que nous offrons est d'octroyer des fonds à Prévention Industrielle, mais nous n'intervenons pas dans leurs opérations.»
Prévention Industrielle Saint-Laurent, un organisme à but non lucratif voué à la prévention du crime industriel, a été mis en place par l'ancienne Ville Saint-Laurent en 1996, à la demande d'industries locales. Les Nouvelles Saint-Laurent a tenté en vain de joindre la directrice, Chantal Clavel.
Prêter main-forte à la police
Plusieurs compagnies engagent leur propre firme de sécurité. René Desputeau, président d'Atlantis Sécurité, qui a pour clients près de 650 entreprises dans le secteur industriel de Saint-Laurent, peut se targuer d'avoir appréhendé 262 criminels depuis l'ouverture de sa compagnie, il y a 15 ans.
Au fil des années, le travail de sa compagnie lui a valu des félicitations de la part de la police locale. «Les policiers ne peuvent pas être partout en même temps. Nous ne sommes pas là pour les remplacer. Mais grâce à nos yeux et à nos oreilles, nous pouvons leur communiquer certaines informations», explique M. Desputeau, à propos de sa collaboration fréquente avec les forces de l'ordre.
Le soir et le week-end, la compagnie envoie trois voitures patrouiller les environs. Quand vient le moment de mettre la main au collet des bandits, il suffit d'un peu de vigilance et de beaucoup de courage. Un peu comme la fois où M. Desputeau a coupé le moteur et retiré les clés d'une voiture que des voleurs chargeaient d'ordinateurs. «Nous avons encerclé les voleurs et appelé la police», se souvient-il.
Même si René Desputeau a été la cible de criminels armés en fuite lors d'un vol sur la rue Halpern la semaine dernière, - il n'a pas été blessé -, il explique que ce genre d'événement fâcheux est heureusement assez rare. En fait, c'est une première en 15 ans, dit-il.
Vol d'ordinateurs
Les ordinateurs et le matériel informatique intéressent particulièrement les voleurs qui sillonnent le secteur industriel de Saint-Laurent.
«Dans la plupart des cas, je dirais [que les voleurs veulent] du matériel informatique, indique le commandant du poste de quartier 6, Gino Dubé. Mais il y a aussi des gens qui entrent par effraction pour voler des effets personnels appartenant aux employés, comme des sacs à main sous les comptoirs, des manteaux, etc.»
Malgré le fait qu'il y ait eu 148 entrées par effraction dans des édifices commerciaux situés sur le territoire du PDQ 6 depuis le début de l'année - ce qui inclut aussi les secteurs non-industriels -, il n'y a pas vraiment lieu de s'inquiéter, ajoute le commandant Dubé.
«C'est stable d'une année à l'autre. [Le taux de criminalité] peut monter de 10% un mois et redescendre de 20% le mois suivant. C'est un type de méfait qui est omniprésent, mais qui est relativement constant à Saint-Laurent.»
La sécurité demeure néanmoins une préoccupation pour certaines compagnies, selon le sondage annuel sur les besoins fait par DESL.
«Un certain pourcentage des compagnies, peut-être 10% [de celles sondées], ont eu des problèmes [de sécurité] dans le passé ou nous ont fait part de certaines inquiétudes. Pour ces compagnies, nous avons aidé à augmenter la quantité d'informations et de services offerts, entre autres, par le Service de police de la Ville de Montréal», explique le directeur de DESL, Daniel Dicaire.
Il ajoute que les commissaires de DESL rencontrent souvent les chefs d'entreprises pour leur proposer quelques pistes de solution, comme le burinage, l'installation des ordinateurs loin des fenêtres, les alarmes sophistiquées et les systèmes de surveillance. «Nous travaillons au cas par cas», conclut M. Dicaire. (Traduit par Geneviève Allard)
passé. Le concessionnaire d'automobiles engage maintenant une firme privée pour assurer la sécurité de sa flotte. (Photo: Jacques Pharand)