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Stériliser pour mieux contrôler

Florence Turpault-Desroches par Florence Turpault-Desroches
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Article mis en ligne le 22 février 2007 à 13:10
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Stériliser pour mieux contrôler
Renée Le Cavalier, coordonnatrice du programme de santé animale du Collège Vanier et Monica Campo de l’organisme Humanochat sont aux petits soins pour Elvis le chat. (Photo: Zsofia Orszagh)
Stériliser pour mieux contrôler
Ils se nomment Mimine, Grisou, Bouboule et lorsqu’ils ronronnent en se blottissant contre vous, ils vous enchantent. Mais à l’état sauvage, abandonnés par leur maître, ils se multiplient, l’odeur d’urine vous répugne et leur miaulement vous agace. Heureusement pour vous, l’organisme Humanochat vient en aide à ces chats, errants dans Saint-Laurent, en contrôlant leur reproduction.
En place depuis maintenant trois ans, l’organisme mis sur pied par une passionnée des animaux, Monica Campo, souhaite réduire le problème de surpopulation des chats errants, tout en contribuant à leur mieux vivre. Alors que certaines fourrières privilégient l’euthanasie des minets qui n’ont pu trouver de famille adoptive, Humanochat favorise une méthode originale, mais efficace.

Effectué en collaboration avec le programme de santé animale du Collège Vanier, les bêtes sont capturées, stérilisées, tatouées et parfois même soignées, pour ensuite être remises à l’endroit même où elles ont été trouvées. «Le véritable problème lorsqu’on euthanasie un chat errant est que ce dernier perd son territoire et un autre chat pourra venir prendre sa place. L’objectif de laisser un chat stérilisé dans son environnement naturel est d’éviter sa reproduction et d’empêcher la venue d’autres chats sur le territoire», explique Monica Campo. Comme l’expose le directeur général de la SPCA, Pierre Barnoti, les chats sauvages se multiplient en fonction d’une source d’alimentation (principalement les poubelles) et d’une source d’humidification (un abri). Tant et aussi longtemps que ces ressources ne seront pas saturées, les félins continueront de se reproduire. «Tuer les chats errants ne contribue en rien à régler la problématique. La Ville de Montréal en entier doit mettre en place des programmes de stérilisation afin de s’attaquer au problème le plus vite possible», explique-t-il.
Contrôler à petit budget
Afin d’assurer sa survie, Humanochat a pu bénéficier cette année d’une subvention de 5000$ de la part de l’arrondissement. Ce financement ne lui permet pas de payer ses employés, mais absorbe tout de même les coûts reliés aux déplacements et à la stérilisation d’environ 300 chats.
Afin d’arriver à rentabiliser ses pratiques, Monica Campo a dû mettre en place un programme éducatif. Il permet aux étudiants en technique de santé animale du Collège Vanier de pratiquer leur futur métier, encadrés de vétérinaires d’expérience, en s’occupant de la stérilisation des chats capturés par Humanochat. Pour Renée Le Cavalier, coordonnatrice du département de santé animale, collaborer avec l’organisme est synonyme d’entraide mutuelle. «Il s’agit d’un échange de bons services qui vient d’un côté en aide à l’organisme Humanochat, et qui, de l’autre côté, nous aide à enrichir l’enseignement de nos élèves.»

Fier propriétaire de Coquine, une chatte âgée de 13 ans, le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa croit qu’il est primordial d’investir dans la protection des animaux. «La façon dont on traite les chats qui vivent dans notre quartier a une influence importante sur la société. En stérilisant les chats abandonnés, on contrôle une nuisance tout en évitant de tuer des animaux qui font, lorsqu’ils sont domestiqués, partie de notre famille.»

La problématique des félins, errants dans nos rues doit, selon Mme Campo, être traitée en profondeur et à grande échelle afin de faire une différence à long terme. Un travail de conscientisation auprès des citoyens est également nécessaire, afin que les propriétaires de chats domestiques stérilisent leur animal et évitent de l’abandonner dans la nature.
Des chiffres qui font miauler!
- Le Québec compte plus de 1,6 million de chats errants.

- Humanochat n’a pu stériliser que 300 chats en deux ans grâce à la subvention accordée par l’arrondissement de Saint-Laurent.

- Un seul chat peut engendrer 420 000 chatons en 20 ans!

- D’ici 2010, 85% des propriétaires d’animaux domestiques auront un chat.

(Source: SPCA)

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