Les intervenants du Centre accroche se réunissent depuis près de 14 ans dans les locaux de l’église chrétienne de Saint-Laurent
La religion au service du communautaire
En manque de locaux, les organismes communautaires de l’arrondissement Saint-Laurent ne savent plus à quel saint se vouer. Ils peuvent néanmoins compter sur leurs églises, qui se convertissent à petits pas en centres pour les services communautaires et les organismes à but non lucratif (OSBL) du quartier.
«La mission de l’Église est de tenter de répondre aux besoins de sa communauté et c’est ce que nous souhaitons faire en ouvrant nos portes aux organismes à but non lucratif. Nous les aidons à aider les résidants de Saint-Laurent», explique Oscar Cardozo, responsable de la location des locaux à l’église chrétienne de Saint-Laurent.
Située à cinq minutes du métro Côte-Vertu, l’énorme bâtisse blanche possède une superficie de 5000 pieds carrés. Hébergeant déjà six communautés religieuses de différentes confessions, de même que le Centre accroche et une partie du Centre d'accueil et de référence sociale et économique pour immigrants (CARI), l’église possède encore une surface libre de 1200 pieds carrés.
«Il est certain qu’en déménageant une partie de nos cours dans les pièces disponibles de l’église nous avons réglé une portion du problème, mais le manque de locaux dans l’arrondissement demeure toujours un obstacle que l’Église ne peut pas surmonter seule», croit le responsable de la francisation au CARI, Mourad Hemsas. L’organisme, a besoin d’une superficie de 10 000 pieds carrés pour mener à bien toutes ses opérations.
Alors que l’arrondissement cherche toujours une solution au problème criant de manque d’espace, la religion tente de son côté de minimiser le problème. «Il est drôle de penser qu’autrefois, l’Église avait perdu son rôle d’administrateur des loisirs au profit de l’État et qu’aujourd’hui, c’est elle qui lui vient en aide à sa manière», soutient le pasteur de l’église chrétienne de Saint-Laurent, Gérard Basque.
Pierre Wilson, président du Comité des organismes sociaux de Saint-Laurent (COSSL), affirme de son côté que la relocalisation de services communautaires demande énormément d’organisation, et donc de temps. Malgré plusieurs rencontres avec l’arrondissement, aucune solution n’a pour l’instant été trouvée. «Nous aurions voulu construire un troisième étage au Centre des loisirs afin de louer des locaux aux organismes communautaires, mais l’arrondissement a préféré garder cet espace pour éventuellement subvenir aux besoins grandissants du centre. Nous n’avons donc pas encore réglé le problème», signale-t-il.
En attendant que des moyens soient pris par l’arrondissement pour aider les organismes en quête d’un endroit où se loger, la religion demeure une option pour en dépanner quelques-uns.