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Les étudiants sous-performants au cœur d’une étude au Collège Vanier

Article mis en ligne le 1 mai 2007 à 8:11
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Les étudiants sous-performants au cœur d’une étude au Collège Vanier
Une étude qui se penche sur le vécu éducatif des étudiants de cégep qui risquent d’échouer suggère des moyens de combler le gouffre entre la culture du collège et celle des étudiants sous-performants. L’étude intitulée, Des vies complexes: La culture éducationnelle des élèves sous-performants, a été réalisée par un groupe de chercheurs du Collège Vanier: Jock MacKay, professeur de sociologie et de philosophie, Doug Miller, aide pédagogue avec The Learning Centre et Guy Quinn, professeur d’éducation physique et fondateur du programme Explorations.

Dans l’étude basée sur des interviews menées auprès de cégépiens et d’élèves et d’enseignants du secondaire, les auteurs ont constaté que le problème commence au secondaire, où les élèves ne sont pas bien préparés à réussir au cégep. «Ces élèves arrivent au cégep en grande partie ignorants des attentes institutionnelles. Ils pataugent souvent dans un monde scolaire qui leur semble mystérieux, qui ne leur est pas familier, et qui est apparemment indifférent aux difficultés de jeunes adultes qui veulent avancer dans la vie tout en subissant des pressions multiples.»

Pour obtenir leurs données, les auteurs ont interviewé des étudiants de Vanier qui avaient terminé le secondaire avec une moyenne de moins de 70%. «C’est la première fois que ces élèves nous communiquent, dans leurs propres mots, les conditions et les difficultés de leurs vies,» indique Jock MacKay. Le portrait qui en ressort en est un d’élèves qui mènent de vies complexes. Pour presque tous ces élèves sous-performants, l’école est avant tout un lieu de socialisation. Ils vont à l’école pour être avec leurs amis. Ils ont des liens de famille solides et affirment aller au cégep pour plaire à leurs parents. La plupart de ces élèves ont étudié dans plus d’une langue et plusieurs sont issus de familles immigrantes. Quelques uns ont eu à faire face à l’exclusion, la marginalisation ou le racisme et plusieurs ont vécu dans une grande pauvreté. En plus, plusieurs de ces jeunes ont d’autres responsabilités outre les études et sont actifs sur le marché du travail.

Malheureusement, les élèves qui profiteraient d’étudier à un rythme approprié à leur contexte sont pénalisés financièrement parce qu’ils n’étudient pas à temps plein. Selon les auteurs, «Ceux qui doivent travailler tout en étudiant à un rythme plus lent payent des frais de scolarité et auront accumulé une dette importante à la fin de leurs études.»

Que peut-on faire pour encourager le succès des élèves sous-performants? En tout premier, «Le ministère de l’Éducation doit abandonner les pratiques qui pénalisent financièrement les élèves qui n’ont pas les moyens financiers d’étudier à temps plein, ou pour qui les études ne font pas partie de leurs priorités,» au dire des auteurs. Ils suggèrent aussi d’autres améliorations telles que la création de programmes d’accueil et d’intégration pour venir aide à ces élèves mal préparés au cégep; l’adoption de méthodes d’enseignement innovatrices; et une meilleure promotion des choix d’études postsecondaires, y inclus les programmes technologiques et les études des arts et métiers, qui peuvent mener à des carrières lucratives et satisfaisantes. «Le paradigme très répandu qui présente les études universitaires comme la seule avenue vers une carrière digne de ce nom doit être réévalué publiquement.»

Les auteurs concluent en indiquant que selon les tendances démographiques courantes, les cégeps de l’avenir auront des populations étudiantes plus multiethniques et plus variées quand à leurs origines socio-économiques que présentement. Ainsi les vies complexes et les difficultés qu’elles entraînent risquent d’être partagées par beaucoup d’autres élèves dorénavant.

Source: Communication Collège Vanier

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