MIRAMICHI, N.-B. - Le pathologiste au centre de l'enquête publique sur des cas de mauvais diagnostics de cancers à l'hôpital de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, avait refusé que ses rapports soient vérifiés par des pairs, a témoigné jeudi un médecin d'expérience.
Le docteur Carl Hudson, ancien vice-président de la Régie de la santé de Miramichi, a siégé au sein d'un comité qui avait demandé en 1998 que les diagnostics du docteur Rajgopal Menon soient vérifiés.
Selon M. Hudson, le docteur Menon - alors chef du service de pathologie de l'hôpital - lui avait alors répondu que de telles vérifications de routine ne seraient pas possibles. Menon lui a dit: "Ca ne marchera probablement pas. Nous travaillons déjà très fort. Vous nous demandez d'augmenter nos tâches. On n'a pas le temps de faire cela."
Le comité souhaitait choisir au hasard des résultats de tests menés par les deux pathologistes de l'hôpital, et de les faire valider par un autre établissement.
M. Hudson - qui témoignait au 19e jour d'audiences de la commission - a indiqué que les autorités de la santé publique étaient au courant du refus de Menon, mais qu'elles n'ont rien fait.
Le président de la commission, le juge à la retraite Paul Creaghan, s'est dit étonné qu'un sujet de cette importance soit ainsi abandonné. "Que le chef (du service de pathologie) réponde 'Nous sommes trop occupés', ça ne suffit pas. On s'attendrait à ce que quelqu'un à l'hôpital soit responsable d'appliquer cette mesure." Le juge Creaghan a fait une pause, puis s'est tourné vers le docteur Hudson pour obtenir une réponse.
"On s'y attendrait", a simplement répondu M. Hudson.
Le médecin a aussi raconté qu'en 1998, il avait été mis au courant d'un mauvais diagnostic posé par Menon, mais qu'il n'avait pas porté l'affaire à l'attention de l'administration. Menon et l'autre pathologiste de Miramichi, Darius Strezelczak, avaient chacun de leur côté posé des diagnostics différents dans un cas de cancer du sein, a indiqué M. Hudson. Avec le recul, il a admis qu'il aurait dû formuler une plainte officielle.
Un examen indépendant du travail du docteur Menon a mis en lumière plusieurs cas de mauvaise interprétation de tests, mais le pathologiste a qualifié cette évaluation d'"injustifiée et d'injuste", et a intenté une poursuite au civil contre la régie régionale de la santé.
Un laboratoire d'Ottawa revoit présentement 24 000 cas traités par le pathologiste Menon pendant sa pratique à l'Hôpital régional de Miramichi, entre 1995 et février 2007. Une révision touche aussi une centaine de cas traités par Menon lors de son bref passage à l'Hôpital régional d'Edmundston en 2002.
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