OTTAWA - Le parlement fédéral a rejeté mercredi la proposition du Bloc québécois qui souhaitait que la Charte de la langue française s'applique aux entreprises sous juridiction fédérale qui font affaires au Québec.
Le projet aurait obligé les sociétés du secteur des télécommunications, des finances et des transports à se plier aux mêmes règles que celles des autres domaines en ce qui a trait à la langue de travail et à la langue d'affichage, entre autres.
L'idée du Bloc a bénéficié de l'appui du Nouveau Parti démocratique, tandis que les libéraux ont fait front commun avec le gouvernement pour s'y opposer. Au bout du compte, 64 députés ont voté pour et 182 contre.
D'après le Bloc, plus de 240 000 travailleurs ne sont pas assurés de travailler dans leur langue au Québec puisque leur employeur n'est pas contraint de se conformer à la Charte adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque et modifiée à plusieurs reprises par la suite.
Le projet de loi fait partie de "l'opération nation" du parti de Gilles Duceppe et qui prévoit aussi la création d'un conseil québécois de la radiodiffusion et des télécommunications pour remplacer le CRTC ainsi que le rejet de la politique du multiculturalisme.
En le rejetant, le gouvernement Harper a "complètement discrédité sa reconnaissance de la nation québécoise", a fait valoir le Bloc, à l'issue du vote.
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