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Francisation: le conseil supérieur presse le gouvernement d'agir

Presse Canadienne Article mis en ligne le 26 juin 2008 à 0:00
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QUEBEC - Québec doit prendre les grands moyens pour franciser certains allophones réfractaires, sans quoi l'usage du français dans l'espace public est condamné, au mieux, à la stagnation.
C'est ce croit le Conseil supérieur de la langue française, qui presse le gouvernement du Québec "d'agir massivement".
Dans un avis rendu public jeudi, le Conseil recommande notamment au gouvernement d'investir beaucoup plus dans la francisation des immigrants, jugeant nettement insuffisant l'actuel budget de 56 millions $ qui y est dévolu.
L'organisme a révélé que les efforts de francisation déployés au cours des 40 dernières années ont échoué auprès des immigrants qui ne sont pas de langue maternelle latine et qui sont nés à l'extérieur de la francophonie, ceux-ci continuant de privilégier l'anglais.
Dans ce groupe, qui comprend notamment les Indiens, les Pakistanais, les Russes et les Asiatiques, seulement 15 pour cent utilisent le français au travail, selon les données du recensement de 2006.
"Je crois que le sort du français dépend et dépendra toujours d'un effort additionnel. On ne peut pas laisser aller les choses", a prévenu le président du Conseil, Conrad Ouellon.
"On a raison de s'inquiéter de certaines situations, alors essayons de trouver les moyens pour calmer ces inquiétudes, pas juste en parole, mais en posant les actions pour que la situation s'améliore", a-t-il ajouté.
Le Conseil croit qu'il faut prioritairement redéfinir le rôle de l'école et favoriser l'intégration des immigrants dans le monde du travail.
L'avis stipule que l'école "en plus de sa fonction primordiale de scolarisation, doit devenir le creuset de la cohésion sociale par la francisation et l'intégration de tous les Québécois".
Ainsi, selon l'organisme, on devrait procéder à la mutation des écoles dans la région de Montréal, pour qu'elles deviennent graduellement des guichets uniques d'information pour les immigrants en démarche de francisation.
Le Conseil suggère aussi que les immigrants soient obligés de suivre un cours de sensibilisation à la société québécoise, dès leur arrivée.
Concernant le français au travail, M. Ouellon soutient qu'il est inconcevable que l'on ne connaisse pas le portrait de la situation dans les entreprises de 49 employés et moins, qui ne sont pas assujetties à la Loi 101.
Il croit nécessaire de renforcer l'usage du français dans les entreprises "dans les meilleurs délais".
La ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a publié un communiqué pour répondre à l'avis du Conseil, dans lequel elle soutient que ces recommandations seront analysées.
Elle a toutefois indiqué que plusieurs mesures présentées en mars dernier dans son plan d'action "Réussir ensemble en français" vont déjà dans le sens des suggestions de l'organisme.
Le leader de l'opposition officielle, Sébastien Proulx, estime que l'avis constitue un blâme pour le gouvernement Charest et qu'il confirme les inquiétudes de l'Action démocratique du Québec.
Le député de Trois-Rivières indique que Québec devrait mieux planifier l'intégration des arrivants avant de hausser le seuil d'immigration annuel à 55 000.
Pour sa part, la chef péquiste Pauline Marois a souligné qu'elle avait déjà réclamé du gouvernement qu'il investisse davantage en francisation, ajoutant que la ministre St-Pierre "doit maintenant refaire ses devoirs".
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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