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Le prof Caron a désormais son aréna

Florence Turpault-Desroches par Florence Turpault-Desroches
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Article mis en ligne le 17 mai 2007 à 16:00
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Le prof Caron a désormais son aréna
Dans l’aréna portant désormais son nom, le prof Caron a procédé à la mise au jeu officielle d’une partie de hockey entre les étoiles féminines de l’équipe des Patriotes et les étoiles de la ligue de hockey Dépression. (Photo: Courtoisie)
Le prof Caron a désormais son aréna
Ronald Caron a enseigné le latin, l’anglais et la géographie, mais c’est dans le monde du hockey qu’il s’est le plus démarqué. Aujourd’hui âgé de 78 ans, le «prof Caron» a été honoré au cégep de Saint-Laurent en fin de semaine dernière. L’aréna de l’établissement a été rebaptisé en son nom, aujourd’hui synonyme de travail acharné.
En chaise roulante, mais avec un air toujours aussi taquin, Ronald Caron s’est présenté devant une cinquantaine de partisans, anciens élèves, professionnels du hockey et politiciens, réunis au cégep pour honorer ce pilier du sport national. Prenant tour à tour la parole, les amis et anciens collègues du prof Caron ont tenu à lui témoigner leur amitié et leur admiration.
Saint-Laurent, le début d’une longue carrière
Professeur au Collège Saint-Laurent entre 1956 et 1966 ce grand bâtisseur de la tradition du hockey au Québec a également été entraîneur de l’équipe de hockey de l’établissement d’enseignement.
«Le prof Caron a toujours su, grâce à sa forte personnalité et à son enseignement coloré, s’attirer le respect de ses élèves, a soutenu Jean-Louis Mongrain, ancien joueur de l’équipe senior A du collège. À travers la pratique du sport, il a réussi à nous enseigner un mode de vie et une discipline qui nous guident encore aujourd’hui.»

Celui que l’on qualifie «d’être d’exception» a pour sa part souligné, levant les yeux en se remémorant ses vieux souvenirs, que Saint-Laurent représentait pour lui le tout début d’une longue carrière passionnante dans le milieu du hockey. «Ville Saint-Laurent a été un lieu très spécial pour moi parce que le collège est l’endroit où on m’a donné ma première chance. Dans le hockey, c’est facile de prendre une chance: quand tu n’aimes plus les joueurs, tu les mets dehors, a souligné en riant Ronald Caron. Mais au Collège, ils ont véritablement pris une chance et je les remercie aujourd’hui pour leur confiance.»
Employé du Canadien de Montréal
De 1961 à 1983, le passionné de la glace a été dépisteur pour le Canadien de Montréal, puis adjoint du directeur général Sam Pollock. Selon plusieurs de ses anciens collègues, le prof Caron détestait perdre, ce qui contribuait à motiver les joueurs de l’équipe.
«Il a vraiment été un employé modèle et le Canadien de Montréal peut se compter chanceux de l’avoir eu au sein de l’organisation durant toutes ses années. Si je pouvais le décrire en quelques mots, je dirais qu’il a été un exemple d’honnêteté et de générosité», a expliqué avec une pointe de nostalgie Serge Savard, ancien joueur et directeur-gérant du Canadien de Montréal.
Touché par la gentillesse des témoignages
En 1983, le prof Caron est devenu directeur général des Blues de St.Louis, offrant à Jacques Demers la chance de devenir entraîneur de l’équipe. «Je ne serais jamais rendu là sans lui. Il a cru en moi, un Canadien français, et je pense qu’il a littéralement sauvé l’équipe qui n’a jamais raté les séries éliminatoires», a soutenu l’homme qui a entraîné les Blues durant trois ans.
Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2002, Ronald Caron s’est présenté au micro armé d’un énorme sourire, malgré le côté droit de son corps partiellement paralysé. Très touché de voir l’aréna du cégep de Saint-Laurent porter son nom, il a tenu à remercier tous ses amis pour leurs bons mots.

«La véritable question, c’est de savoir ce que j’ai fait pour mériter un tel honneur, s’est interrogé le prof Caron, en guise de conclusion. Je pense qu’on fait notre possible, qu’on met son cœur dans une activité qui nous passionne, mais surtout, qu’on s’associe à des gens très spéciaux, qui nous aident à accomplir ce pour quoi on travaille fort.»

L’hommage au prof Caron s’est terminé par un encan d’articles de hockey, qui ont permis d’amasser des fonds pour l’équipe de hockey féminine du cégep de Saint-Laurent.

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