Amena, de par sa persévérance et son engagement, a obtenu une bourse prestigieuse pour son projet en Inde. (Photo: Sylvain Sarrazin)
Amena Ali, une bourse pour récompenser l'engagement et l'excellence
«Ouvrir une école, c'est fermer une prison», écrivait Victor Hugo. Cette maxime pourrait être celle d'Amena Ali. Étudiante à Marianapolis, elle vient de recevoir une bourse d'études prestigieuse couronnant son travail, mais surtout son implication dans un projet éducatif d'envergure. Orientée vers l'Orient, et plus exactement vers l'Inde, elle compte y semer l'abhilasha,c'est-à-dire l'espoir.
Quand nous nous sommes rencontrés, Amena n'était pas très bavarde à première vue. Mais sitôt que nous avons abordé son projet, les paroles coulèrent à flot, tel le Gange intarissable. Sans doute est-ce cet engagement dans l'action communautaire qui a achevé de convaincre le jury.
En effet, TD Canada Trust octroie 20 enveloppes financières à travers le pays, destinées à récompenser tant l'excellence scolaire que le leadership communautaire ou international. Dans la liste des récipiendaires, deux Québécois. Parmi eux, une Laurentienne. Amena.
En 2004, elle franchissait les frontières indiennes pour y découvrir l'école érigée par son oncle, en périphérie de Rajnandgaon - une ville au centre de l'Inde. Dans cette institution, plus de 80 enfants aveugles ou handicapés bénéficient d'une prise en charge scolaire. Ils apprennent ainsi une activité qui les rendra autonomes quant ils repartent dans leurs familles.
L'objectif d'Amena sera désormais de reconstruire l'établissement, aujourd'hui vétuste. Elle a
baptisé son projet abhilasha, "espoir" en hindî.
L'étudiante, originaire de Saint-Laurent, est à la veille d'enchaîner sa dernière année au collège Marianapolis avec des études de droit. Elle a ainsi développé une foi en la transmission du savoir. «En matière de développement, la clé de tout, c'est l'éducation.» insiste Amena. «Privés d'éducation, les difficultés des enfants handicapés s'en trouvent d'autant plus accrues».
Assurer la durabilité
D'ici 2008, l'objectif est de réunir 25 000$ afin de poser les premières pierres de la nouvelle école. Pour ce faire, Amena a déjà collecté près de la moitié de cette somme, mobilisant toutes sortes de moyens. Depuis la création de réseaux avec les communautés locales de Montréal ou de Toronto, en passant par la mise sur pied d'événements ou la mobilisation d'écoles comme le centre Mackay.
Faisant preuve d'une grande maturité, la jeune Laurentienne a les yeux rivés vers l'horizon; ses planifications se font sur le long terme. Qu'il s'agisse de ses propres études, qu'elle pourra financer grâce à cette bourse de 60 000$. Ou de son projet abhilasha, qu'elle souhaite pérenniser. «Le but est d'assurer un développement durable, quelque chose qui se poursuivra dans le futur», souligne Amena.
Elle fait ainsi partie des six élèves de Saint-Laurent récompensés par une bourse d'entrée 2007.
«J'encourage les étudiants des cégeps à postuler pour ces bourses. Peu le font, alors que les chances d'en obtenir sont réelles si l'on initie quelque chose d'important pour la communauté» lance-t-elle.