Un enchevêtrement d'autoroutes, un parc industriel, une partie de l'aéroport…la pollution est pourtant moindre à Saint-Laurent que dans l'est de l'île. (Photo: Jacques Pharand)
Le pouls des poumons de Saint-Laurent
Un cocktail qui pourrait être explosif. Un vaste parc industriel, un nœud d'autoroutes surchargées, un aéroport international à haut régime… une conjoncture d'éléments potentiellement polluants pour Saint-Laurent. En période estivale, où les pics de pollution ne tombent pas à pic, il est temps de prendre le pouls des poumons du secteur. De quoi l'atmosphère a-t-elle l'air?
Difficile de le savoir, puisqu’aucune borne de contrôle de l'air n'est implantée dans l'arrondissement. En revanche, deux stations proches, situées à Dorval et au niveau de l'éechangeur Décarie, permettent de se forger une idée.
«L'emplacement de ces stations demeure représentatif de la situation à Saint-Laurent», assure Claude Gagnon, responsable du réseau de surveillance de la qualité de l'air.
Deux types de polluants sont à observer à la loupe: les particules fines et l'ozone. «À proximité des autoroutes, comme c'est le cas à Saint-Laurent, on a un apport de particules fines supplémentaire. Cependant, nous constatons une amélioration par rapport à 2005. De plus, aucun autre type de polluant n'est généré», souligne le responsable.
Selon le bilan 2006 sur la qualité de l'air à Montréal, 11 journées ont été considérées comme «mauvaises» pour la station de Dorval, et 16 pour la borne de Mont-Royal.
L'arrondissement, malgré la concentration de facteurs polluants, ne constitue pas un cas particulier. Sur les 1335 plaintes recensées en 2006, seulement 31 émanaient de Saint-Laurent. «C'est un ratio plutôt bas», commente Claude Gagnon.
L'une des explications à ce résultat est en partie liée à la nature du parc industriel.
Des odeurs, mais pas de danger
L'avantage du parc industriel de Saint-Laurent est de miser sur les industries de Recherche et Développement, généralement propres.
«Les usines sont, de façon générale, respectueuses des normes environnementales», soutient Yves Bourassa, chef de division au contrôle des rejets industriels. Ce qui ne signifie pas que tout le monde soit épargné.
Les habitants sur la lisière de la partie industrielle peuvent être incommodés par des odeurs. «Il s'agit souvent des industries d'adhésif ou de finition de surfaces, mais il n'y a pas de danger pour la santé des résidants», affirme le chef de division. En cas de transgression des règles, des correctifs sont exigés. S'ils ne sont pas appliqués, des procédures sont engagées. Au cours de l'année 2006, aucune procédure de ce type n'a été initiée à Saint-Laurent.
En cas de problème lié à la pollution industrielle, les résidants sont invités à joindre les services de contrôle (514 280-4330); les plaintes sont généralement traitées en moins de 24 heures.