Annonces gratuites | Enchères en ligne | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Les Nouvelles Saint-Laurent News
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Dans le chaos de Dieppe

Article mis en ligne le 17 août 2007 à 11:15
Soyez le premier à commenter cet article
Dans le chaos de Dieppe
Vétéran du raid de Dieppe, Rolland Gravel participe à la cérémonie de commémoration de ce triste événement. (Photo: Jacques Pharand)
Dans le chaos de Dieppe
Alors qu’une cérémonie commémorant le 65e anniversaire du raid de Dieppe se déroulera le 18 août, force est de constater que l’histoire a laissé dans l’ombre cet événement militaire. Rencontre avec Rolland Gravel, le plus ancien des officiers des Fusiliers Mont-Royal (FMR) encore en vie à avoir pris part au raid de Dieppe, et actuellement résident de Saint-Laurent.
«Je suis allé à la guerre, comme 99% des gens, par esprit d’aventure. Je n’y suis pas allé par patriotisme, même si je n’ai absolument rien contre le reste du Canada», explique M. Gravel. Une vie d’aventurier, voilà ce qui a poussé l’octogénaire à embrasser une vie militaire en compagnie de deux amis, Jean-Jacques Lévesque et Pierre Benoît.

Né en 1919 dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, Rolland Gravel réside aujourd'hui dans l’arrondissement Saint-Laurent.

Il a intégré les rangs du Corps-école d’officiers canadiens (CEOC) de l’Université de Montréal en 1939. Il atteint le grade de capitaine en 1942.

Souvent qualifié de sacrifice avant la victoire, le raid de Dieppe, qui a eu lieu le 19 août 1942, a permis de tirer des leçons en vue de l’invasion de 1944. Une grande partie de l’Europe continentale se trouvait alors sous le contrôle des Allemands et les forces alliées tentaient de prendre pied sur le continent.

«Dieppe a été un fiasco!», confie le vétéran. Le premier raid devait avoir lieu le 6 juillet 1942 et il a été annulé en raison du mauvais temps. «On peut faire un raid par la mer seulement trois jours par mois, à cause des marées», indique M. Gravel.

À ce moment, les troupes canadiennes étaient secondées par de nombreux effectifs. Un mois plus tard, cet appui militaire avait fondu. Selon M. Gravel, les troupes étaient tout de même heureuses de prendre part au raid. «Nous n’en pouvions plus de l’entraînement, de l’inaction. Lorsque le colonel nous a dit: Messieurs, nous nous en allons attaquer Dieppe, c’était comme si le père Noël arrivait avec des cadeaux. On voulait y aller», confie-t-il.

À l’approche des côtes françaises, la flotte canadienne croise un convoi allemand. «Les Allemands nous attendaient.»

En débarquant, les troupes canadiennes font face aux rafales des lance-torpilles allemandes et aux tirs de mitraillettes. «Il y a eu plus de morts canadiens à Dieppe que pendant l’invasion en 1944. On s’est battu en "mosus" et on y a goûté aussi», relate M. Gravel.

À cours de munitions, bloqué, le brigadier-général hisse le drapeau blanc.

À la fin du raid, deux sentiments contradictoires assaillent l’officier. «J’étais heureux d’être encore vivant parce que j’avais vu mourir beaucoup de monde pendant la bataille et j’étais en colère parce que je n’avais pas atteint les objectifs donnés. Je trouvais cela un peu honteux.»
Trois amis, trois destins
Si M. Gravel a été fait prisonnier, ses deux amis ont connu des sorts bien différents. Pierre Benoît n’a jamais débarqué à Dieppe. Son embarcation s’est enlisée dans la vase et est repartie, non sans dommages, à la marée montante en direction de l’Angleterre.

Jean-Jacques Lévesque a été moins chanceux et a laissé sa vie sur les galets de Dieppe. «Avant de partir, Jean-Jacques m’a dit qu’avec ses six pieds et deux pouces, il allait être une cible pour les Allemands et que j’avais de la chance de mesurer cinq pieds et huit pouces.»
Prisonnier de guerre
Les Allemands divisent les troupes canadiennes en deux groupes: les soldats d’un côté et les officiers de l’autre. M. Gravel passera plus de 10 jours dans un camp situé à Verneuil, près de Paris. «Là on ne mangeait pas gros, parce qu’on était tous jeunes et bien entraînés. Ils voulaient nous affaiblir», se rappelle l’ancien combattant.

Les soldats iront finalement travailler sur des fermes allemandes et les officiers seront confinés dans un camp situé dans une petite ville de Bavière.
Tentative d’évasion
M. Gravel s’évade en juillet 1943 en profitant d'une comparution à Munich en cour martiale à titre de témoin de la défense dans une altercation entre un détenu et un garde allemand. Il s'échappe par la fenêtre des salles de bain d’un train et goûte alors à trois jours de liberté avant d'être intercepté et renvoyé au camp.

Le 29 avril 1945 marque la fin du cauchemar pour l’ancien combattant. Il aura alors passé plus de cinq ans outre-mer, dont deux ans et neuf mois en détention.
Retour au Canada
À son retour à Montréal, il retrouve sa fiancée et travaille au sein de l’entreprise familiale, Ludger Gravel et fils. Il œuvrera aussi dans le domaine automobile et dans l’import-export de vin.
Cérémonie de commémoration
La cérémonie de commémoration du 65e anniversaire du raid de Dieppe se déroulera le 18 août dès 10h30 au parc Saint-Mark de Longueuil.

(Photo: Jacques Pharand)

(Photo:Courtoisie)

Affichage des photos

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • Avez-vous l'intention de voter aux élections fédérales?
  • Oui
  • Non

Liens