Marjolaine Saint-Pierre est très occupée. Elle s'apprête à faire des recherches en France dans le cadre de la nouvelle biographie qu'elle prépare, après un passage à l'émission «De remarquables oubliés». (Photo: Archives)
Sur les traces de Saint-Luc de LaCorne
Nouvel ouvrage historique pour une écrivaine laurentienne
Marjolaine Saint-Pierre aime remuer les poussières de l'Histoire, et extraire des archives les héros dont le temps a estompé l'éclat. L'auteure, avec quatre publications à son actif, prépare actuellement une nouvelle biographie, celle de Saint-Luc de LaCorne. Ses recherches la conduiront en France cet automne.
Marjolaine Saint-Pierre raconte l'histoire de ses personnages non sans passion. «J'aime comprendre qu'est ce qui pousse les gens à faire des choses hors du commun», confie-t-elle. Après avoir publié quatre ouvrages, elle s'est attelée depuis deux ans à une nouvelle tâche, la collecte d'éléments au sujet de Saint-Luc de LaCorne, figure historique du 18e siècle. Fort de son expérience en matière de théâtre, mais aussi de biographies (elle a notamment publié des travaux à propos de Saint-Castin ou encore Joseph-Elzéar Bernier), Marjolaine Saint-Pierre n'hésite pas à aller chercher le moindre détail sur ces héros parfois injustement mis sur le banc de touche.
«L'idée m'est venue en regardant un documentaire sur la naufrage de l'Auguste. Les anglais avaient renvoyé, en 1761, les militaires français de l'époque dans trois bateaux désuets et sans pilote. Sur les navires, se trouvaient Saint-Luc de LaCorne et des membres de sa famille», raconte-t-elle. L'homme a vu ses fils mourir et les a inhumés. Puis, il a rejoint Montréal depuis Cap-Breton, pour rejoindre sa femme. Ceci est un bref extrait de l'histoire d'un personnage qui recèle bien des secrets encore.
«Ce qui m'intéresse, c'est de comprendre l'homme, ses exploits», concède l'auteure.
«Par le biais de la biographie, on réussit également à comprendre une époque à travers son contexte politique, mais surtout social. Comment nos ancêtres ont-ils survécu aux conflits, et à toutes sortes d'épreuves?»
Son travail sur Saint-Luc de LaCorne l'amène s'inscrit ainsi dans un dilemme spécifique à l'époque: «Comment un canadien français peut-il gérer le fait qu'on lui demande de devenir canadien anglais?».
Aller vers la France
Un an, au minimum, sera nécessaire pour achever le travail de recherche. Lequel amènera l'écrivaine sur le sol français, où elle restera durant plus d'un mois, pour marcher dans les traces du personnage étudié. Avec pour étapes Clermont-Ferrand, Châteauroux, Tours, entre autres, le périple sera couronné par une intervention aux rendez-vous de l'Histoire de Blois, entre le 18 et le 21 octobre. Cette réunion régulière d'historiens de tous bords permet aussi un contact avec le public.
Le 28 août, Marjolaine Saint-Pierre a réitéré son expérience de l'an passé, en prenant part à l'émission de Serge Bouchard, «De remarquables oubliés». Elle a ainsi participé au lancement de la nouvelle saison de la diffusion de Radio-Canada.
Retour vers Saint-Laurent
L'auteure réside à Saint-Laurent depuis plus de 25 ans. L'occasion était à saisir pour s'enquérir de son avis à propos de la conservation du patrimoine historique local.
«Cet aspect est très important. Comment peut-on définir une société, ou aller plus loin sans connaître les événements ou les grands noms du passé? Beaucoup de nouveaux résidants s'installent, et il est essentiel de transmettre ce patrimoine. Nous devons nous interroger sur l'enseignement de l'histoire et sur la manière de susciter l'intérêt», commente-t-elle.
Un long processus, de même que celui d'écriture: le travail de rédaction sera achevé dans trois ans, selon l'estimation de l'écrivaine.