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La science au bout de la langue

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 30 août 2007 à 13:12
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La science au bout de la langue
«Nés pour un petit pain». C'est le sort du français dans le domaine des sciences selon la Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française. Elle est née à Saint-Laurent avec Pierre Demers. (Photo: Martin Alarie)
La science au bout de la langue
La Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française, fondée à Saint-Laurent en 1979, a tenu son assemblée générale annuelle au cours du mois d'août. Pierre Demers, ancien universitaire et professeur de physique, revient sur la raison d'être de ce regroupement et livre son point de vue sur le paramètre linguistique dans le domaine des sciences. À l'heure où la loi 101 souffle ses 30 bougies…
Pierre Demers réside à Saint-Laurent depuis plus de 40 ans, ayant professé au sein de l'Université de Montréal. Il est l'auteur de nombreux travaux de physique et de théories, constituant une figure reconnue du milieu scientifique.

Il s'est également fortement engagé dans une lutte active en faveur de l'utilisation de la langue française dans le domaine scientifique, où l'anglais prédomine largement.

Dans cette optique, il participa à la création, en 1979, de la Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française en compagnie d'autres personnalités du Québec, de France et de Belgique. Le regroupement prit de l'ampleur, atteignant son paroxysme avec une centaine de membres quelques années plus tard. «En 1979, la question du français dans les sciences était déjà un problème, raconte M. Demers. Cela remonte aux années 50. Nous avons organisé plusieurs congrès au Québec et en Europe, qui ont permis d'éclairer la situation politique de cette langue.»

Une publication intitulée Science et francophonie, encore éditée aujourd'hui sous forme électronique, fut alors initiée. La collection atteint cette année son 97e numéro.

Une vigueur symbolique du combat mené depuis de longues années. «C'est un phénomène général, indique Pierre Demers. Tous nos scientifiques s'imaginent qu'il est indispensable de parler anglais pour réussir dans ce domaine. La plupart des travaux sont uniquement disponibles en anglais.» Le scientifique fait remarquer que sur les prix décernés sur les dix dernières années, tous les travaux de pointe originaux ont été réalisés en anglais, à quelques rares exceptions près. «La maximeIf it is any good, it's in English s'avère de plus en plus», regrette le professeur.
Science-Laurent
Pierre Demers s'est également essayé à dresser un constat local des sciences. «À Saint-Laurent, nous avons tous les degrés du savoir scientifique; du secondaire au cégep, jusqu'à la recherche professionnelle. L'université est à deux pas. Mais je me pose une question: au sein des entreprises de recherche laurentiennes, est-ce que tout se passe en français? J'avoue ne pas comprendre le régime linguistique de certaines d'entre elles.»

Il dénonce aussi le hiatus entre un système éducatif francophone et la réalité du monde de l'entreprise, fortement anglophone.
La ligue, née à Saint-Laurent, bien qu'ayant passé le cap de son rayonnement, continue de militer. En interpellant, par exemple, le gouvernement du Québec sur la question des travaux scientifiques en français. «Le Québec n'est pas indifférent à cette question, il y a une conscientisation du problème, note Pierre Demers. En attendant, les scientifiques francophones ont l'impression d'être "Nés pour un petit pain"…», le mot d'ordre de la dernière assemblée de la Ligue.

(Photo: Martin Alarie)

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Pierre D

Commentaire mis en ligne le 31 août 2007
Un grand bravo pour cet article que nous lisons avec beaucoup d'intérêt ici, en France.
Un sujet d'actualité pour nous aussi !

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