Le comité écologique du grand Montréal s'emploie à éradiquer le nerprun cathartique, qui menace d'étouffer la flore et la faune du boisé Marcel-Laurin.
(Photo:Courtoisie)
Des envahisseurs au boisé Marcel-Laurin
Ils sont originaires d'un autre monde (l'Europe), et s'immiscent peu à peu dans l'arrondissement, tapis dans l'ombre. Ils constituent une menace à long terme, et leur éradication est nécessaire. Il pourrait s'agir d'extraterrestres, surtout au vu de leur dénomination de nerprun cathartique. En fait, cette plante menace le boisé Marcel-Laurin de par sa prolifération constante. Le comité écologique du grand Montréal ne reste pas végétatif face à la situation.
Introduit il y a un siècle sur le continent américain, le nouvel arrivant n'a pas tardé à prendre racine. D'autant plus qu'il constitue une composante habituelle des jardins anglais, faisant office de haie ou d'arbre central majestueux. Le nerprun cathartique, cet arbuste vert aux fruits noirs, est en effet très décoratif. Mais sans doute est-il trop fier de cette qualité, puisqu'il empêche le développement des autres essences indigènes poussant aux alentours. «Les fougères, les arbustes de chêne ou d'érable, et une foule d'autres végétaux ne font plus avoir accès à la lumière car le nerprun prend trop d'ampleur, explique Érik Bassil, président du comité écologique du grand Montréal. De plus, il produit une toxine qui va enrailler la croissance des plantes alentours.»
Visions d'invasion
La région de Montréal est particulièrement touchée par cet invité très envahissant, que l'on retrouve dans les parcs et dans les boisés. L'un des victimes abritant le nerprun se situe à Saint-Laurent, et a pour titre boisé Marcel-Laurin.
«Ce secteur est en très mauvais état, s'alarme Érik Bassil. L'envahissement est presque total. On doit faire quelque chose pour empêcher cette prolifération sans quoi, sur le très long terme, les arbres n'auront plus de succession dans ce boisé.»
Conséquence de ce scénario, le couvert qui atteint actuellement 20 mètres de hauteur serait réduit de moitié. L'équilibre et la biodiversité sont ainsi menacés, et plusieurs espèces animales seraient appelées à disparaître du boisé. Un véritable gâchis écologique pour l'arrondissement, puisque le parc Marcel-Laurin est l'un des derniers espaces naturels ayant échappé à l'étalement urbain.
Prendre le problème à la racine
L'éradication des plantes femelles est l'une des solutions pour enrayer l'étouffement subi par le boisé. Plusieurs méthodes existent, mais selon Érik Bassil, l'enlèvement pur et simple du système racinaire reste la méthode la plus efficace. «Dans le parc du Mont-Royal, on a tenté d'enlever les nouvelles souches. Le problème, si l'on en oublie un, tout est à recommencer. C'est un combat de titan», souligne le président du comité écologique montréalais.
À date, 60 000 tiges ont été extraites du sol laurentien, pour l'année 2007 seulement. Les secteurs seront restaurés lors des plantations des prochaines semaines. D'ici la fin du mois d'octobre, plus de 125 arbres et 475 arbustes indigènes auront été plantés pour accélérer la succession forestière.
En cette période, le nerprun cathartique devient facilement identifiable puisqu'il reste de couleur verte. Les citoyens sont invités à participer à congédier cet invité encombrant et menaçant. Il aime les endroits ouverts et se glisse souvent le long des clôtures, résultat des défections d'oiseaux qui en mangent les fruits.
Ainsi, Marcel-Laurin pourra reprendre possession des lieux et s'assurer une pérennité.
(Photo:Courtoisie)
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