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Aider les femmes à trouver leur place

Article mis en ligne le 27 novembre 2007 à 11:22
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Aider les femmes à trouver leur place
Régine Alende Tshombokongo a fondé le Centre d’encadrement pour jeunes filles immigrantes pour aider les femmes à s’intégrer dans leur milieu. (Photo: Adinet Velandia )
Aider les femmes à trouver leur place
Je m'appelle Raluca Farte. Je suis une personne déterminée à réussir. Je veux construire ma vie d’une telle façon que je puisse dire après: «Je ne regrette rien!» Mes proches me disent que, quelquefois, je réfléchis trop sur ma vie. Je sais que la vie est faite – ô bien donnée – pour la vivre. Alors, mon but est de vivre ma vie avec passion et de ne jamais oublier mon origine roumaine.
L’arrondissement de Saint-Laurent accueille une multitude d’organismes. Les centres pour les femmes occupent une place très importante dans le quartier, parce qu’ils offrent à cette clientèle la sécurité nécessaire pour améliorer leur vie. En plus, ils aident beaucoup de femmes immigrantes qui ont besoin d’un coup de main dans leur intégration.
Pendant des années, la femme et son rôle dans la société ont été perçus sous plusieurs formes. Les changements se sont produits lentement et, au début de l’époque moderne, a commencé la longue et difficile lutte pour l’égalité entre la femme et l’homme.

Même aujourd’hui, on ne peut pas dire que les femmes sont traitées partout comment elles le méritent. En plus, pour les femmes immigrantes, la situation est encore plus difficile. Plusieurs d’entre elles se trouvent seules et marginalisées dans une société totalement inconnue.

Les organismes pour les femmes ont justement été créés dans le but d’aider cette clientèle. À Saint-Laurent, ils aident surtout les femmes immigrantes à retrouver l’espoir et à se découvrir de nouveau dans un pays étranger.
Le CEJFI
Le Centre d’encadrement pour jeunes filles immigrantes (CEJFI) s’adresse exclusivement aux femmes immigrantes qui ont entre 12 et 35 ans. Le centre a été fondé en 1998 et est un organisme au but non lucratif.
L’actuelle directrice du CEJFI, Régine Alende Tshombokongo, qui habitait à Québec à cette époque-là, a commencé à recevoir dans sa propre maison des filles qui avaient besoin de conseils. «On voulait faire un centre pour les filles africaines, mais on s’est dit que les besoins sont les mêmes pour toutes les filles», dit Mme Tshombokongo.

Comme le besoin d’encadrement des filles était grand et son désir de les aider très fort, Régine Alende Tshombokongo est venue à Montréal, où les immigrants sont plus nombreux. «Au début, j’ai installé mon bureau dans ma cuisine et après, on a ouvert le centre à Saint-Laurent», ajoute-t-elle.

Le CEJFI lutte pour l’amélioration des conditions de vie de jeunes filles immigrantes en facilitant leur intégration, selon leurs propres besoins. Une immigrante qui arrive à Montréal a besoin d’être informée pour prévenir le choc culturel et ses conséquences. Le CEJFI commence par établir un diagnostic avec l’aide une travailleuse sociale, ce qui leur permet de trouver ensemble la façon de résoudre les problèmes.

Mais la nouvelle arrivante a aussi besoin d’un logement, de vêtements et de nourriture. L’organisme intervient ici en offrant le dépannage alimentaire qui satisfait les besoins primaires.

Le centre offre aussi des cours d’anglais et de français de différents niveaux. «Le rapprochement interculturel est très important. On apprend la langue, mais en même temps, la fille va avoir un contact social avec les autres femmes et les autres cultures», dit la directrice de CEJFI.

Les activités de planification de carrière jouent un rôle important dans la vie d’une personne qui vient de quitter son pays. «Nous partons chercher les filles. On va vers elles pour les aider à faire leur bilan de compétences et à trouver un emploi, ajoute Mme Tshombokongo. On veut que les filles soient bien placées.»
Le Centre des femmes
Le Centre des femmes est le plus ancien organisme de Saint-Laurent qui s’adresse aux femmes. Il existe depuis 1983 et a été fondé pour soutenir les femmes qui vivent des changements ou traversent des moments difficiles. «L’idée est partie d’un besoin des femmes de se retrouver ensemble et de parler de leurs problèmes», déclare Corinne Gros, organisatrice communautaire au Centre des femmes de Saint-Laurent.
Un coup de main est toujours le bienvenu, spécialement dans l’arrondissement de Saint-Laurent où une personne sur deux est un immigrant. «Le centre est le reflet de ce qui est Saint-Laurent. Toutes les femmes sont bienvenues, mais la moitié de celles qui ont besoin de nos services sont immigrantes», ajoute Mme Gros.

Les personnes qui font appel aux services du Centre des femmes vont trouver là-bas une maison chaleureuse et prête à les accueillir. Les intervenants ont quatre champs d’action: l’isolement, la pauvreté et l’appauvrissement des femmes, la santé mentale, et la violence. L’organisme aide les femmes à développer leur propre autonomie sociale, économique, culturelle et affective.

«Les problèmes des femmes sont très importants. Les femmes âgées, par exemple, vivent beaucoup de violence, même aujourd’hui. Nous, on travaille pour amener du changement dans leur vie», dit l’organisatrice communautaire.

Le centre suscite l’implication des femmes dans leur milieu et les encourage à parler de leurs difficultés. Dans le but de leur faire comprendre comment il faut réagir face à la pauvreté, un des ateliers offerts leur enseigne à accepter ce problème et à être à l’aise d’en parler.

Des actions collectives sont menées dans différents dossiers de défense des droits des femmes. En 2000, 55 pays ont d’ailleurs démontré leur solidarité face à cette cause lors de la Marche mondiale des femmes. «Il y a 104 centres pour les femmes seulement au Québec. Je peux dire qu’on a du poids politique», ajoute l’organisatrice communautaire du Centre des femmes de Saint-Laurent.
Des organismes qui font une différence
Les organismes pour les femmes ont plusieurs aspects bénéfiques dans la communauté de Saint-Laurent. En plus des services qu’ils offrent, ils donnent aux femmes l’assurance qu’il y a quelqu’un pour les comprendre et les soutenir.
Dans la société d’aujourd’hui, les activités humaines visant à aider les autres comptent pour beaucoup. Et tout ça, sans attendre rien d’autre que les sourires des femmes qui ont surmonté leurs difficultés.

«Si on aide une fille depuis le début et on la suit au cours de son intégration, au bout de sept ans, elle devient autonome», constate Régine Alende Tshombokongo, la directrice du CEJFI. «C’est très important que les femmes vivent avec leur propre culture, mais elles doivent savoir qu’elles ne sont pas toutes seules», ajoute Corinne Gros, organisatrice communautaire au Centre des femmes de Saint-Laurent.

Les organismes pour les femmes sont ici pour les aider.



(Photo: Adinet Velandia )

(Photo: Raluca Farte)

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