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Les dédales du logement

Article mis en ligne le 27 novembre 2007 à 17:07
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Les dédales du logement
«Il y a souvent des problèmes d’insalubrité dans les logements montréalais. Les immigrants ne savent pas que le propriétaire est tenu d’y remédier», indique Rosa Arriola, du Regroupement des Organismes du Montréal Ethnique pour le Logement. (Photo: Sylvain Sarrazin)
Immigration et habitation
Les dédales du logement
Un des plus grands défis pour les nouveaux arrivants est de faire leur nid dans un environnement qui n’a rien de familier, d’autant plus que certains propriétaires ne leur facilitent pas les choses.
«La discrimination, c’est très difficile à prouver», affirme Dominique Perrault du Comité logement de Bordeaux-Cartierville. Elle existe pourtant, à un degré assez élevé dans le domaine de l’habitation, selon elle. «85% des plaintes qu’on reçoit au Comité logement viennent d’immigrants», rapporte-t-elle.

Le processus de plainte à la Commission des droits de la personne pour discrimination est tellement long et laborieux (de 2 à 5 ans pour obtenir un verdict) que de nombreuses personnes considérant qu’elles ont été victimes de racisme préfèrent laisser tomber. «Je n’ai eu connaissance que d’un cas où un propriétaire a été reconnu coupable de discrimination. Mais ça ne rend pas son logement à la personne», souligne Mme Perrault.

D’après elle, si certains propriétaires discriminent sur la base de l’ethnicité, la plupart le font plutôt pour des motifs extérieurs à la race, mais propres au statut d’immigrant. «Beaucoup d’immigrants ont des familles nombreuses. Or, les propriétaires privilégient largement les locataires sans enfants», illustre Mme Perrault.

Rosa Arriola, du Regroupement des Organismes du Montréal Ethnique pour le Logement (ROMEL), croit elle aussi que les injustices découlent moins du racisme pur et simple que de la situation de vulnérabilité des immigrants. «Les enquêtes de crédit, exigées par la plupart des propriétaires, sont problématiques pour les nouveaux arrivants qui arrivent sans historique de crédit ou d’emploi», explique-t-elle.

Pour pallier à ce manque de garanties, les propriétaires vont demander un endosseur au bail. «Là encore, quand on vient d’arriver et qu’on ne connaît personne, c’est difficile», affirme Mme Arriola. D’autres propriétaires demandent les premiers mois de loyer en garantie, alors que la loi ne leur permet que de demander un mois. «Le problème, c’est que les immigrants ne connaissent pas la loi, alors ils se font avoir», dit-elle.

Il en va de même lorsque des problèmes surgissent une fois le bail signé. «Il y a souvent des problèmes d’insalubrité dans les logements montréalais. Les immigrants ne savent pas que le propriétaire est tenu d’y remédier, ni comment faire pour l’y forcer», affirme Mme Ariola.
Les montagnes russes du loyer
S’ils connaissent peu leurs droits, les nouveaux arrivants manquent également d’information sur ce qu’est un prix acceptable pour un loyer à Montréal. Et les propriétaires en profitent, croit Mme Ariola: «certains propriétaires louent beaucoup trop cher aux immigrants, en sachant que ceux-ci ne connaissent pas le marché, la valeur de l’argent.»
Or, quand on arrive en plein hiver, le temps presse. «Il y a des gens qui paniquent et louent n’importe quoi, à des prix déraisonnables. Ensuite, ils n’arrivent plus à joindre les deux bouts», rapporte Mme Arriola.
Des recours, des solutions
Les organismes comme le Comité logement ou le ROMEL sont là pour défendre les droits des immigrants, et les aider à régler les problèmes qu’ils rencontrent dans la recherche d’un logement et dans leurs tractations avec les propriétaires.
Aux deux endroits, il est possible d’obtenir de l’aide pour rédiger une mise en demeure, lettre visant à sommer un propriétaire récalcitrant à prendre ses responsabilités. Le Comité logement est également là pour conseiller et informer les locataires sur leurs droits. Au ROMEL, une banque de logement est à la disposition des immigrants, et des formations sont offertes. On fait également de la référence pour ceux qui désirent porter plainte à la Commission des droits de la personne.

Dominique Perrault et Rosa Ariola s’entendent pour dire que les embûches rencontrées par les immigrants en matière de logement ne semblent pas diminuer avec le temps. Pour Mme Ariola, des interventions de la Régie du logement pourraient faire une différence, entre autres dans la question des enquêtes de crédit.

(Photo: Sylvain Sarrazin)

(Photo: Sylvain Sarrazin)

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