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Commission face à commission

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 29 novembre 2007 à 17:37
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Accomodements raisonnables en milieu scolaire
Commission face à commission
La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) présentait le 27 novembre un mémoire auprès de la Commission Bouchard-Taylor, de passage à Montréal. Bien que la Commission scolaire de Montréal ait bénéficié d'une plus ample couverture médiatique, avec déposant leur mémoire plus tôt, la CSBM tenait à défendre certains points. D'autant plus qu'elle est appelée à gérer les plus concernées par le débat, y compris les écoles laurentiennes, très diversifiées.
L’école montréalaise étant directement interpellée dans la mise en œuvre des mesures d’accueil et d’intégration des diverses communautés culturelles, la CSMB souhaite que les travaux de la Commission Bouchard-Taylor permettent de dégager des principes et des valeurs en mesure d’appuyer les institutions québécoises.

La CSMB a profité de la tenue de la commission pour mettre en avant le caractère essentiellement harmonieux du quotidien des quelque 45 000 élèves et 12 000 employés de ses 87 établissements, une réalité qu'elle juge occultée par quelques cas fortement médiatisés. «Le mémoire que nous avons déposé recadre beaucoup de choses, souligne Diane Lamarche-Venne, présidente de la CSBM. Je préfère que l'on entende parler de la manière dont nous réglons les très nombreux cas plutôt que de mettre l'accent sur les rares incidents.» La quasi-totalité des demandes d’harmonisation se règlent ainsi à l’intérieur même des écoles et des centres. De fait, pour l’ensemble de cette vaste communauté éducative, seule une vingtaine de demandes de nature religieuse se trouvent annuellement référées aux services juridiques de la Commission scolaire; deux ou trois conduisent à des démarches juridiques d’accommodement raisonnable.

Le rapport, jugé «d'excellente qualité» par les commissaires Bouchard et Taylor, s'appuie sur une expérience quotidienne «L'expérience, elles est chez nous! Clame Mme Lamarche-Venne, les cas délicats aussi, et nous avions commencé cette réflexion avant bien d'autres.»

La CSMB refuse de banaliser l’existence de cas complexes, voire extrêmes, tout en déplorant leur dramatisation, en grande partie appuyée sur des perceptions et une interprétation erronée du concept d’accommodement raisonnable.

Elle confirme son parti-pris en faveur d’une approche interculturelle d’intégration, conjuguant les éléments de cultures d’origines aux éléments de la culture québécoise, dans le respect des valeurs d’une société d’accueil. Dans le contexte actuel, caractérisé par des changements opérés sur fond de mondialisation et d’internationalisation, les établissements scolaires montréalais dépassent toutefois quotidiennement leur mission première, afin d’embrasser une vocation «communautaire». C’est en effet l’école qui presque immanquablement accompagne les néo-Québécois dans la recherche de repères au sein de leur nouvelle société. À une tâche déjà lourde s’ajoute ainsi une responsabilité de facto complexe, pour laquelle le réseau de l’éducation dispose de peu de moyens et peu de ressources.
Les grandes lignes du mémoire de la CSMB
- élaboration d’une démarche fondée sur des balises référentielles claires témoignant d’un consensus social

- affirmation de valeurs qui animent le Québec;

- primauté du français

- promotion du patrimoine culturel et historique du Québec pour intégration

- pas de proscription de l’espace public pour les signes religieux, et élaboration d'un cadre législatif

-moyens pour l’intégration des immigrants;

- faire reconnaître l’interculturalisme comme base d’analyse des droits fondamentaux

- que les accommodements à caractère religieux doivent se fonder, dans un esprit d’objectivité, sur une lecture des éléments liés à la pratique revendiquée et à la sincérité de celui qui la revendique

- tenir compte de la vulnérabilité des enfants et de leur socialisation dans le cadre d'un accommodement

(Photo: Archives)
Quelques chiffres
54% des élèves des écoles primaires et secondaires de la CSMB ont un parent né hors Canada et 26% le sont eux-mêmes.

51% de cette clientèle indique également avoir une langue maternelle autre que le français, de même que 38 % des élèves des centres de formation professionnelle et 60 % de ceux des centres d’éducation des adultes.

Dans certains établissements, c’est plus de 90 % des élèves dont un parent est né à l’étranger.

Le nombre de classes d’accueil où sont dirigés des élèves nouveaux arrivants y est passé de 89 en 1999 à 134 en 2006.

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