La population de l'arrondissement croît de plus en plus, de même que le taux d'immigrants, qui a passé le cap symbolique des 50%, selon une étude détaillée de Statistiques Canada lors du recensement 2006.
(Photo: Martin Alarie)
Toujours plus divers
Les données détaillées du recensement de Statistiques Canada pour l'année 2006 permettent de suivre l'évolution de la population laurentienne. Le chemin emprunté reste globalement le même, avec une proportion d'immigrants en très légère hausse, et un nombre de résidants qui ne cesse de s'accroître. Parallèlement, une étude du Ministère de l'Éducation qui vient de paraître met en avant la réussite scolaire des immigrants de seconde génération. Confrontation des chiffres avec la réalité dans les écoles laurentiennes.
Après avoir décortiqué leurs résultats arrondissement par arrondissement, la mise à jour des statistiques concernant la structure de la population montréalaise est enfin disponible. Il est ainsi possible d'apprécier l'évolution de la proportion d'immigrants depuis les derniers résultats de 2001, mais aussi d'effectuer des comparaisons avec les autres arrondissements de l'île.
Dans un premier temps, le cap symbolique des 50% a été franchi, et l'on peut désormais affirmer que plus de la moitié des résidants de Saint-Laurent détiennent le statut d'immigrant. Ainsi, le recensement détaillé de 2001 indiquait que l'arrondissement comptait 48,5% d'immigrants, et 50% de non-immigrants, le résidu restant représentant les résidants non-permanents (étudiants internationaux, travailleurs temporaires, etc.). Les données de 2006 annoncent un changement dans la balance puisque le nombre d'immigrés passe à 50,5%, celui des non-immigrés tombant, par conséquent, à 47,8%. En chiffres bruts, nous obtenons donc, pour une population de 83 870 habitants, un total de 40 125 non-immigrants et 42 395 immigrants.
Il est à noter que Saint-Laurent reste l'arrondissement avec la proportion la plus élevée d'immigrants, suivi de Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce (47,4%), puis de Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension (43%).
L'évolution de cette balance est exponentielle sur les quinze dernières années. Les Laurentiens de souche ont pu assister à ce changement progressif puis radical; à titre de comparaison, sur plus de 40 000 immigrées installés aujourd'hui, 2715 d'entre eux étaient présents avant 1961. Entre 1991 et 2006, ils furent plus de 21 000 à venir grossir les rangs des nouveaux venus.
La tendance est donc loin de s'inverser, puisque sur les cinq dernières années, l'arrondissement a déjà vu arriver plus de nouvelles recrues que durant la totalité des années 90.
Parcours prometteurs?
En parallèle aux données diffusées par Statistiques Canada, un rapport du Ministère de l'Éducation, qui vient d'être rendu public, révèle des résultats contrastés en ce qui concerne la réussite scolaire des enfants d'immigrants.
Ces derniers, dits de deuxième génération, réussissent globalement mieux que les autres Québécois. Par opposition, la première génération a plus de difficultés à être performante sur le plan scolaire.
Le corps enseignant laurentien est bien au fait de cette réalité, puisque amené à gérer quotidiennement l'intégration et l'évolution de nombreux enfants d'immigrants.
«Je ne suis pas étonnée de ces résultats, témoigne Louise Chénard, directrice de l'école secondaire Saint-Laurent. À Saint-Laurent, nous disposons de 13 classes d'accueil, qui permettent de gérer environ 240 nouveaux arrivants. À la fin de l'année, environ 80 d'entre eux intègrent le régulier. Concernant les allophones, le taux de réussite est bon. En outre, les rapports du ministère sont basés sur des tranches d'âge, et non sur des programmes» Ce qui a pour effet de fausser les résultats, puisque certains élèves peuvent s'inscrire aux écoles pour adultes, ou allonger leur temps d'études.
«La persévérance scolaire est souvent supérieure chez les allophones, confirme Mme Chénard. Les parents immigrés ont quitté un pays et veulent quelque chose de mieux pour leurs enfants, et ils savent que l'école est un lieu important. Les élèves se sentent davantage responsables. Les relations avec les parents demeurent sereines.»
Une nuance importante doit être apportée concernant les taux de réussite en fonction des ethnies ou nationalités. Car si certaines communautés s'en sortent brillamment (élèves dont les parents sont originaires du Moyen-Orient par exemple), d'autres connaissent un taux d'échec important. «Certains s'en sortent bien, comme les élèves originaires d'Asie ou du Moyen-Orient, témoigne la directrice de l'école. Pour mes élèves du secondaire, il n'y a toutefois pas d'écart significatif.»
Les établissements scolaires de Saint-Laurent ont su apporter une réponse et faire, comme les nouveaux arrivants, un effort d'adaptation.