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Vous chantiez et dansiez… eh bien, parlez maintenant!

Sylvain Sarrazin par Sylvain Sarrazin
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Article mis en ligne le 15 janvier 2008 à 16:20
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Vous chantiez et dansiez… eh bien, parlez maintenant!
Les élèves allophones et francophones de l'école Bois-Franc-Aquarelle se retrouvent ensemble chaque lundi pour exécuter chants et danses sur des airs québécois. Le projet s'inscrit dans le cadre des innovations des pratiques d'accueil. (Photo: Martin Alarie)
Projet d'assimilation
Vous chantiez et dansiez… eh bien, parlez maintenant!
Tout est bon dans l'intégration. Surtout avec des chansons pour fond. Ainsi, l'un des projets mis en place à l'école Bois-Franc-Aquarelle de Saint-Laurent consiste à jumeler les classes d'accueil avec les classes régulières à l'occasion de danses et chants hebdomadaires. Les francophones et les allophones se mettent ainsi sur la même longueur d'ondes musicales… et linguistiques.
Aux premiers abords, les jeunes élèves de maternelle paraissaient un peu intimidés par l'objectif de notre photographe Martin. Pas vraiment coordonnées, prononçant les paroles du bout des lèvres, un peu agités. Mais rapidement, notre paparazzi s'est fait oublier. Et voilà cette dizaine de jeunes bouilles reprendre en chœur des chansons de rondes et tourbillonner autour de leur enseignante, Joanne Brisson.

Chaque lundi, à travers les chants de ce cours aux accents buissonniers, les jeunes allophones de l'établissement retrouvent leurs camarades francophones pour partager quelques airs québécois. Ainsi, Melissa, 6 ans, dont la langue maternelle est l'espagnol, s'évertue à mimer «le fermier dans son pré» de la même manière que Abdel Kani, 5 ans, dont la langue première est l'arabe.

«De nombreux élèves arrivent dans les classes d'accueil en cours d'année, explique Joanne Brisson, professeur de musique à l'origine du projet. Mêler les paroles de chansons avec une expression corporelle ou une danse aide beaucoup à l'intégration d'un vocabulaire plus large.» Les titres sont tirés du folklore québécois, les œuvres de grands chansonniers comme Félix Leclerc, la musique classique québécoise ou les créations des élèves eux-mêmes. Depuis le mois de novembre, les groupes jumelés se succèdent au sein de la salle de l'école Bois-Franc-Aquarelle. Le projet s'inscrit dans le cadre des innovations dans les pratiques d'accueil et de soutien à l'apprentissage, avec un soutien financier du Ministère de l'Éducation.

Un spectacle sera donné au mois de juin prochain.
Vacances déraisonnables?
Les activités pédagogiques foisonnent dans l'établissement, comme autant de réponses au profil des élèves qui y sont accueillis.
D'après le directeur de l'école, Marcel Bédard, près de 93% des enfants sont allophones, et un bouquet 32 langues différentes fleurit les bancs scolaires. Un autre professeur a mis en place un atelier de composition de poèmes, avec pour toile de fond les œuvres d'auteurs québécois. Là aussi, le concret est de mise, puisqu'un livre devrait être édité à terme. «Ils apprennent ainsi plus rapidement, témoigne Natascha Bacher, directrice adjointe de l'école. L'intégration dans les classes régulières peut se faire graduellement. Une grande collaboration de la part des parents aide à cela.»

La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys n'a pas raté le coche lors du passage de la caravane Bouchard-Taylor, mettant en avant sa gestion de la question des accommodements raisonnables au sein des écoles de son secteur, parmi les plus diversifiées au Québec.

«Pas vraiment de soucis de ce type» confirme M. Bédard. Même si des difficultés autres peuvent survenir, comme des départs prolongés dans le pays d'origine, ce qui a pour effet d'étirer les vacances des enfants et casser le processus d'intégration. «Il s'agit de la responsabilité des parents», déplore le directeur, qui tente toutefois de faire comprendre aux parents que cette pratique peut porter préjudice au cheminement de l'enfant.

L'intégration, pendant l'enfance, s'avère être une période critique. Comme dans toute chanson, un cycle doit être établi. Mais les écoles de Saint-Laurent connaissent la rengaine depuis longtemps, et n'ont de leçon à recevoir de personne…

(Photo: Martin Alarie)

(Photo: Martin Alarie)

(Photo: Martin Alarie)

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