L'art-thérapie permet d'exprimer un mal-être ou ses difficultés par le truchement des arts plastiques et visuels. La Laurentienne Pascale Annoual, qui pratique la discipline depuis 15 ans, intervient dans les écoles locales.
(Photo: Martin Alarie)
L'art de soigner
Du 15 au 23 mars se tiendra la semaine des thérapies par les arts. L'association professionnelle de ces disciplines organise de nombreux événements pour en révéler ses bienfaits. Les art-thérapeutes sont bien présents à Saint-Laurent, même si les demandes restent timides. Rencontre avec Pascale Annoual, qui pratique cet art de soigner depuis 15 années.
Gabrielle a beaucoup d'imagination. Sur la feuille de dessin immaculée qui lui est soumise en début de séance, les couleurs s'additionnent, s'entremêlent, les contours se forment au gré de sa créativité. Puis, elle peut poser des mots sur sa composition. «Au centre, il faut une couleur sombre. Les petits points, ce sont des fruits, mais ceux qui sont noirs ne sont pas comestibles.»
Le dessin de la petite fille n'est pas le seul à exhiber des fruits, puisque l'art-thérapie prouve, depuis plus d'un siècle, qu'elle porte les siens. La technique consiste à laisser la personne s'exprimer au moyen des arts plastiques – dessin, peinture, collage – pour tenter d'aborder ou mettre à jour un trouble psychologique ou émotionnel.
«C'est le processus qui est important, et non le résultat final. On discute de l'expérience vécue, en cherchant un lien avec le problème identifié. On n'analyse pas le dessin directement, l'émotion se fait par l'image en premier lieu, puis on se dirige peu à peu vers le lien», précise Pascale Annoual, art-thérapeute spécialisée dans les arts visuels, et vice-présidente de l'association des art-thérapeutes du Québec.
Résidante de Saint-Laurent, elle intervient dans les écoles locales, mais également dans d'autres zones de l'île. Les CLSC de l'arrondissement sont approchés pour tenter de développer la pratique. À l'heure actuelle, la poignée d'art thérapeutes ont peu de sites où exercer.
Les desseins du dessin
Si les écoles ont recours à l'art-thérapie pour tenter d'identifier les nœuds dont souffrent certains élèves, tous les groupes d'âge sont concernés. «Il s'agit d'une thérapie complète, mais elle peut également se pratiquer conjointement avec d'autres traitements», indique Mme Annoual, qui travaille également auprès des communautés autochtones.
Le cadre nécessaire comprend des paramètres indispensables à la réussite du traitement, au premier rang desquels la confidentialité. Les conditions réunies permettent aux facultés imaginatives d'opérer, telle une catharsis. «L'imagination est l'une des forces que l'on vient chercher, explique la thérapeute. Les difficultés la briment, alors que c'est un vecteur de guérison. On tente de la libérer, et de la cultiver.»
L'association professionnelle dont fait partie par Mme Annoual, malgré son quart de siècle d'existence, semble encore souffrir de reconnaissance officielle. Un manque d'information paraît latent, et les demandes sont encore insuffisantes dans les secteurs du nord de Montréal, y compris à Saint-Laurent.
Tableau de la profession
La semaine des thérapies par les arts, du 15 au 23 mars, permettra de mettre l'accent sur cette médecine alternative et ses diverses déclinaisons: dramathérapie, musicothérapie, etc.
Le Québec compte plus de 130 art-thérapeutes en exercice; les formations en art-thérapie sont peu nombreuses (la seule maîtrise à l'échelle du Canada est proposée par l'Université de Concordia), il est toujours possible de se renseigner sur le site de l'association:
www.aatq.org. Des échanges ont lieu chaque année avec des étudiants de France, où les formations sont développées de façon différente.
Une foire professionnelle aura lieu le 22 mars, au Musée McCord (690, Sherbrooke ouest)
(Photo: Martin Alarie)