Un projet de neuf millions de dollars pour la rénovation du musée, de la salle de spectacle et du bâtiment Émile-Legault vient d'être monté par le Collège de Saint-Laurent. (Photo: Courtoisie)
Le pavillon Émile-Legault à l'aube d'un nouveau jour
Le pavillon Émile-Legault du Cégep de Saint-Laurent est à l'aube d'une cure de jouvence générale. Elle impliquerait le bâtiment historique, la salle Émile-Legault, ainsi que d'autres éléments dignes de restauration. Une étude, qui vient d'être réalisée par un cabinet d'architectes, chiffre les travaux à un coût de neuf millions de dollars. Le cégep est prêt à débourser un million; l'arrondissement de Saint-Laurent de même. Des ministères seront sollicités pour le complément. Détails.
Le diagnostic établi fait état de nombreux écueils pour l'ensemble du pavillon. Ce dernier comprend, outre le Musée des Maîtres et artisans du Québec, la salle Émile-Legault, qui ne semble plus pouvoir répondre aux besoins actuels. Le projet de rénovation comporte de nombreux volets, certains visant à restaurer l'authenticité du bâtiment ou de ses composantes, d'autres répondant à des nécessités fonctionnelles.
Paul-Émile Bourque, directeur du Cégep de Saint-Laurent, fait l'inventaire des interventions incluses dans le projet. «Il s'agit de rétablir le bâtiment et ses composantes dans leur fonction initiale», évoque le directeur.
Levée de rideau
En effet, de véritables joyaux du patrimoine sont en jeu pour ce projet de rénovation. Au premier rang duquel la salle Émile-Legault, où fut fondée la troupe des Compagnons de Saint-Laurent, en 1937, fer de lance de l'art dramatique québécois.
Après de nombreuses vicissitudes, la salle doit se mettre au goût du jour, en dépit des travaux effectués au cours des années passées. On dénote des carences concernant l'acoustique de la salle, affectée en outre par un système de ventilation désuet et bruyant, ou encore l'inclinaison peu fonctionnelle des sièges, qui empêche une visibilité optimale. La billetterie, les toilettes, l'accessibilité universelle sont autant d'éléments à réviser.
Mûrs pour l'authentique
Le bâtiment lui-même nécessite des interventions. Chargés d'histoire (consulter la boîte d'information), ses murs auraient grand besoin d'un rafraîchissement pour retrouver leur forme originale.
L'exemple le plus frappant est celui des pinacles (flèches qui ornaient le clocher). Ils ont été démontés en 2007, pour des raisons de sécurité. Visiblement, leur friabilité aurait pu causer une chute. La silhouette originale de l'ancienne s'en est trouvée grandement affectée.
Autre point à mettre en lumière, les vitraux. De qualité historique, ils devraient être entretenus et immunisés contre les infiltrations d'eau qui pourraient mettre en danger leur préservation.
Enfin, l'ajout d'un ascenseur, accessible à partir d'un hall, devrait permettre de rejoindre tous les planchers principaux, y compris la salle de spectacle et le musée. Il viendrait combler une carence en matière d'accessibilité universelle.
Pour l'orgueil d'un orgue
Il est une voix qui se tait depuis près de 40 ans. Dans l'ancienne chapelle, sommeille un orgue extrêmement précieux, dont la restauration constituerait «un évènement majeur dans le milieu musical», selon le rapport du cabinet d'architectes.
Cependant, les coûts d'intervention seraient proportionnels à la longueur du silence de l'instrument, étant donné sa spécificité. Ils approcheraient les 750 000 $.
La résurrection de l'orgue amènerait des fonctions nouvelles pour le musée, où un espace pourrait être aménagé à des fins de représentations musicales. «Grâce à des sièges amovibles, cela nous permettrait de faire des concerts à même le musée, ce qui constituerait une attraction supplémentaire», indique M. Bourque. Du pain béni pour les amateurs de musique, mais également pour les professionnels et les étudiants. Des collaborations avec les départements de musique de l'Université de Montréal ou du Collège seraient alors envisageables.
2 + 7 = du neuf
La mise en œuvre de l'ensemble du projet de rénovation, reste tributaire des financements disponibles. En effet, le coût total des travaux a été évalué à 9 millions de dollars. La rénovation de la salle Émile-Legault constitue le gros morceau, nécessitant à elle seule plus de 4 800 000 $. Deux millions sont déjà mobilisés.
En effet, le conseil d'arrondissement a donné un accord de principe au cours de la séance du conseil de mars pour l'octroi d’un million de dollars. «Nous avons demandé au conseil d'administration de dédier une somme équivalente», indique Paul-Émile Bourque, directeur du Cégep.
Il reste désormais à dénicher les sept millions restants, et le directeur a déjà une idée des portes auxquelles il faudra frapper. Une rencontre avec la ministre de la Culture et députée de l'Acadie, Christine St-Pierre, est prévue dans les jours à venir. Le ministère de l'Éducation sera également sollicité.
Le projet de rénovation correspond à un double objectif. Il vient chercher la consolidation d'un passé patrimonial précieux, tout en gardant un œil rivé vers l'avenir, grâce à des développements innovateurs et potentiellement bénéfiques pour le bâtiment et ses activités.
(Photo: Archives)
(Photo: Martin Alarie)