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L’école du chocolat

Pascal LeBlanc par Pascal LeBlanc
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Article mis en ligne le 18 mars 2008 à 16:53
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L’école du chocolat
Un groupe d’élèves du pavillon Émile-Legault de l’école secondaire Saint-Laurent participe depuis le début de l’année scolaire à un projet coopératif d’entreprise. Les jeunes espèrent bien que leur chocolaterie remportera du succès lors du Concours québécois en entrepreneuriat auquel ils se sont inscrits. (Photo: Maya d’Alarie photo)
L’école du chocolat
Au pavillon Émile-Legault de l’école secondaire Saint-Laurent, les 19 élèves de l’enseignante Anne Richard mettent la main à la pâte, en fait au chocolat, afin de s’assurer de ne pas manquer de friandises sucrées lors de la plus importante période de l’année: Pâques. Ces jeunes ont entre 14 et 15 ans et ils vivent ce projet éducatif comme une véritable expérience professionnelle; ce sont de jeunes entrepreneurs.
Leur entreprise s’appelle Chocolat-chocolo et depuis le début de l’année scolaire, le groupe apprend chacune des facettes de son opération, de la production à la vente, en passant par l’emballage. Les élèves doivent immédiatement mettre en pratique leurs acquis, puisque le bon fonctionnement de la chocolaterie est entièrement de leur ressort. «Je leur transmets les connaissances de base, afin qu’ils apprennent à être responsables et autonomes», affirme Mme Richard. Ces jeunes en sont à leur troisième année du programme de cheminent continu et l’an prochain, ils se dirigeront vers les programmes d’études professionnelles. «Ils sont formés afin de pouvoir exercer des métiers semi-spécialisés», indique l’enseignante. «Le but ultime est qu’ils deviennent des travailleurs responsables.»

La classe de Mme Richard est la seule dans toute l’école où les élèves participent à un modèle coopératif d’entreprise. La majorité des cours sont orientés vers une approche pratique et aux dires de la professeure, «cela fait en sorte que les jeunes développent davantage d’habiletés techniques et deviennent plus débrouillards, afin qu’ils puissent rivaliser avec les élèves du régulier lorsqu’ils seront sur le marché du travail».

De leur côté, les principaux intéressés semblent apprécier la formation qu’ils reçoivent. «Nous apprenons à travailler en équipe, à attirer la clientèle, à faire de l’argent et à la gérer, à former sa compagnie, en somme», mentionnent-ils tour à tour. Lorsqu’on leur demande comment ils évaluent le niveau de difficulté de leurs cours, les élèves de Mme Richard répondent à l’unanimité: «C’est facile!».

Il est fort probable que ces jeunes ne réalisent pas encore tout le bagage qu’ils ont acquis depuis le début de l’année, mais selon leur enseignante, la liste de leurs responsabilités est longue. «D’abord, ce sont eux qui vont acheter directement le chocolat du fournisseur selon le budget dont nous disposons, mentionne Mme Richard. Ils ont appris à cuire le chocolat et le sucre coloré, puis en font des suçons, des formes 3-D et des retailles, puis ils ensachent le tout», ajoute-t-elle. Ils établissent ensuite le prix de leurs produits selon les poids et puisqu’ils savent très bien que leurs principaux clients, les élèves du pavillon Émile-Legault, ne sont généralement pas les plus fortunés, ils ne font pas trop de gros morceaux.

Lorsqu’ils sont à l’œuvre dans la cuisine, chacun semble connaître son rôle. La dynamique du groupe est telle qu’une caractéristique que bien des gens remarqueraient au premier coup d’œil se fait rapidement oublier: ces jeunes sont tous des immigrants. Un seul d’entre eux est né au Québec et plusieurs ethnicités différentes sont représentées dans la classe. Cela n’empêche pas les élèves de travailler en français et de démontrer une excellente camaraderie. C’est d’ailleurs en tant que groupe qu’ils se sont inscrits au 10e Concours québécois en entrepreneuriat. «J’espère vraiment qu’ils vont se rendre loin, car ils travaillent si fort pour leur chocolaterie», souhaite Mme Richard. «Ce projet d’entreprise est devenu pour eux un véritable métier.»

(Photo: Maya d’Alarie photo)

(Photo: Maya d’Alarie photo)

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