Les résultats de l'évaluation du programme Femmes et engagement du CARI St-Laurent, présentés au Centre des loisirs, ne sont pas seulement encourageants. Ils insistent sur l'efficacité des interventions auprès des immigrantes et la nécessité d'un rapprochement avec les Québécois de souche.
(Photo: Maya d'Alarie-Photo)
Évaluer l'engagement et regarder de l'avant
Le CARI St-Laurent est réputé pour son engagement auprès de la population locale. C'est justement sur ce thème qu'un projet issu de l'organisme a été évalué, à la fin du mois d'août. Une étude fouillée intitulée Femmes et engagement a ainsi été présentée, ayant reçu un soutien budgétaire, via l'entente entre le Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale et la Ville de Montréal.
En 2006, le CARI St-Laurent a élaboré un projet visant spécifiquement les femmes immigrantes désireuses de participer et de s'engager dans la vie québécoise et montréalaise. Ce projet bénéficie d'un financement depuis 2006 dans le cadre de cette entente. Il a, de plus, obtenu un financement pour entreprendre une démarche évaluative en s'attardant aux effets du projet sur l'engagement des femmes immigrantes qui ont été impliquées dans les différentes activités du projet, tout en identifiant les facteurs déterminants dans leur cheminement vers l'engagement.
Dans le cadre de cette évaluation, près de 30 femmes ont été associées à cette démarche. De plus, le cadre de référence établit a permit de s'attarder au concept d'engagement et d'en définir les caractéristiques. Pour cette recherche, quatre dimensions ont été retenues permettant de mesurer l'engagement, soit l'engagement sociocommunautaire, l'engagement politique citoyen, l'engagement culturel et finalement l'engagement professionnel.
Résultat: un rapport précis et approfondi, signé par Mélanie Walsh (psychologue spécialisée en relations interculturelles) et Martine Blanc (consultante et formatrice en développement démocratique local et international), portant sur le programme, son cadre, ses effets et les améliorations qui pourraient y êtres apportées dans le futur.
Les résultats ont permis de mettre en avant l’engagement des participantes ainsi que leur niveau
d’engagement. Il est ressorti des entrevues individuelles que les participantes ont un niveau d’intérêt, de même qu’un niveau d’engagement, élevés envers le champ sociocommunautaire. En revanche, l’engagement politique citoyen est celui qui récolte le plus faible taux d’intérêt. Il apparaît clairement que la participation au Comité Femmes et engagement agit comme un levier à l’engagement politique citoyen, notamment à travers la participation aux séances du conseil d’arrondissement. En ce qui concerne l’engagement culturel, bien des participantes en reconnaissent l’importance sans pour autant s’engager à ce niveau. Enfin, le niveau d’engagement professionnel est le même que le niveau d’engagement politique citoyen en raison des nombreux obstacles à l’engagement professionnel des personnes immigrantes.
Si les leviers à l'engagement sont nombreux, au premier rang duquel le programme du CARI, les obstacles le sont également: responsabilités familiales, méconnaissance de la langue française, choc culturel, étiquettes et les préjugés culturels des Québécois et Québécoises de naissance.
Le rapport met l'accent, en guise de conclusion, sur le grand succès du programme mis en place par le CARI St-Laurent.
«Il semblerait que la participation récente aux activités du CARI St-Laurent représente un levier à l’engagement au sein de la société québécoise» indiquent les chercheures. D’autres leviers, extérieurs au projet, ont aussi été relevés par les répondantes avec, en tête de liste, la
confiance en soi.
Peu de changements sont à apporter au projet. Les suggestions émises vont dans le
sens du renforcement de l’estime de soi et de la participation à la prise de décision. Il a aussi été recommandé de faciliter un rapprochement interculturel entre femmes immigrantes et Québécoises de naissance. À cet égard, le réseau de marrainage constitue l’aspect le plus significatif du projet même s’il demeure l’exclusivité d’une dizaine de filleules.
(Photo: Maya d'Alarie-Photo)